Les sons binauraux, effets cliniques et neuropsychologiques – perspectives d’applications

par Brigitte Forgeot

Université Paris 8 – Master 2 Recherche en psychologie clinique 2006

Dans la categorie: Biologie et Médecine > Psychologie et neuropsychologie

http://www.memoireonline.com/01/07/325/m_sons-binauraux-effets-cliniques-et-neuropsychologiques1.html

Quelques définitions

Les sons binauraux :

Ce sont des sons écoutés à l’aide d’un casque stéréophonique dont la fréquence diffère d’une oreille à l’autre (contenu sonore identique mais tonalités différentes). Les signaux binauraux furent observés pour la première fois par le scientifique allemand H.W. Dove en 1839. C’est cependant Le docteur Gérald Oster qui fut le premier en 1973 à mettre en évidence l’effet de ce type de sons sur les ondes corticales dans le contexte d’une recherche sur l’acuité auditive ; c’est également lui qui les a nommés « sons binauraux ».

 La différence de fréquences induit deux effets :

– tout d’abord cette différence de fréquences est traitée au niveau des noyaux olivaires supérieurs de chaque hémisphère qui produisent alors des ondes cérébrales de même fréquence que la différence ; ces nouvelles ondes se propagent à partir de ces noyaux progressivement dans tout le cortex. Ainsi, par exemple pour faire produire des ondes alpha on fera écouter des sons qui diffèrent de 8 à 13 Hz, ce qui correspond à la fréquence des ondes alpha ; ce phénomène a été nommé par Atwater (1975) « réponse d’adoption de fréquence » (FFR, Frequency Following Response).

– ces sons permettent aussi de synchroniser les deux hémisphères cérébraux (Foster, 1990), synchronisation qui induirait un état de bien-être, une amélioration de l’humeur, de meilleures performances attentionnelles et mnésiques, un traitement des émotions et une diminution de l’anxiété.

Les fréquences audibles :

Elles se situent dans la gamme de fréquences de 20 à 20 000Hz ; les fréquences utilisables pour induire des états de relaxation ne sont pas dans cette gamme. Par contre, l’utilisation de sons binauraux permet le traitement de la différence de fréquence par le cerveau, qui produit alors des ondes de fréquence différentielle, utilisables dans une perspective d’action sur les ondes cérébrales.

L’Institut Monroe :

Robert Monroe, fondateur de l’Institut Monroe des sciences appliquées en Virginie, a mené d’autres études sur ces phénomènes et a découvert des combinaisons particulières de tonalités et de fréquences produisant des effets spécifiques chez l’homme. Sur les milliers de combinaisons de fréquences possibles qui pourraient être reproduites, Monroe et son équipe en ont sélectionné cinquante trois qui avaient des effets très positifs sur le cerveau et a fait breveter ce procédé en 1975. Il a également développé une série de cassettes et de CD, utilisant les combinaisons de fréquences que lui et son équipe ont découvertes, la série HemiSync, pour « Synchronisation des Hémisphères ».

En 2005, Schwarz, médecin ORL, et Taylor, comparent les réponses du système auditif humain aux sons mono et binauraux : les sons binauraux induisent des potentiels évoqués bien qu’ils ne soient pas perçus. Les auteurs montrent également que ces types de sons excitent alternativement et très rapidement chaque hémisphère cérébral.

Les ondes cérébrales :

Les rythmes cérébraux observables lors d’un enregistrement EEG sont les suivants :

Ondes dominantes Bêta: > 13 Hz (éveil, activité).

Ondes dominantes Alpha: 8 à 13 Hz (repos, relaxation).

Ondes dominantes Thêta: 4 à 7,5 Hz (sommeil léger).

Ondes dominantes Delta: 0,5 à 3,5 Hz 

(sommeil moyen et profond).

Choix des ondes pour cette étude :

Nous avons choisi dans ce travail d’utiliser un son d’une différence de fréquence de 8 à 10 Hz, au centre de la gamme des ondes alpha. Les ondes alpha se situent en effet entre les ondes rapides bêta stimulant l’attention et les ondes lentes thêta favorisant l’apprentissage. Nous avons souhaité tester les effets de cette fréquence sur diverses fonctions cognitives ainsi que sur l’humeur et l’émotion. Nous étudierons ainsi tour à tour les effets des sons binauraux de fréquence alpha sur l’attention, sur la mémoire de travail et sur la mémorisation à travers les tests neuropsychologiques habituellement utilisés en clinique ainsi que sur des tâches informatisées tirées d’un logiciel de remédiation neuropsychologique. Nous tenterons ensuite de mettre en évidence un effet de ces sons de fréquence alpha sur le traitement des émotions par le moyen d’une échelle d’alexithymie et d’une échelle d’intelligence émotionnelle. Enfin, nous évaluerons l’effet d’un entraînement de dix semaines à l’écoute de ces sons de différence de fréquence de 8 à 10 Hz sur l’humeur et sur l’anxiété, par des échelles cliniques habituellement utilisées.

Sommaire de l’étude (principales parties) :

PARTIE I – APPORTS THEORIQUES

INTRODUCTION

I. SONS BINAURAUX ET ATTENTION

II. SONS BINAURAUX ET MEMORISATION

III. SONS BINAURAUX ET EMOTIONS

IV. UTILISATION DES SONS BINAURAUX EN MEDECINE ET PSYCHOPATHOLOGIE

V. UTILISATION DES SONS BINAURAUX DANS UN DISPOSITIF PSYCHOTHERAPEUTIQUE

PARTIE II – DISPOSITIF EXPERIMENTAL

I. OBJECTIFS DE L’ETUDE ET HYPOTHESE GENERALE

II. SONS UTILISES ET RECUEIL DES DONNEES

III. HYPOTHESES

IV. RESULTATS

V. SYNTHESE DES RESULTATS

VI. DISCUSSION

VII. PERSPECTIVES ET PROLONGEMENTS

CONCLUSION GÉNÉRALE

extrait :

Relativement développée aux États-Unis et au Canada mais quasiment confidentielle en France, l’utilisation des sons binauraux dans les prises en charge, que ce soit en neuropsychologie, en médecine, ou en psychopathologie, sera espérons-nous amenée à se développer. Si par ce travail nous avons apporté à cette technique une « coloration » neuropsychologique, il faut savoir que de nombreux cliniciens outre-Atlantique l’utilisent dans un dispositif de type psychanalytique, afin de favoriser l’élaboration, la verbalisation, les associations libres, la vie fantasmatique, la réminiscence des rêves, le travail sur les émotions etc. Pour notre part, nous envisageons à moyen terme plutôt de l’inclure dans un dispositif psychothérapeutique en face à face, inspiré du protocole EMDR, tel que nous l’avons décrit plus haut.

Nous avons montré l’année dernière, dans le cadre de notre mémoire de DESS de psychologie clinique, l’efficacité de la prise en charge du trouble de déficit de l’attention chez des enfants suivis en institut médico-éducatif par des logiciels de remédiation cognitives. Nous envisageons également une application conjointe des sons binauraux et de ce type de logiciel afin de renforcer leurs effets mutuels, pour les prises en charge neuropsychologique ainsi que pour les prises en charge des troubles de déficit l’attention avec hyperactivité.

Enfin, il faut noter que l’entraînement aux sons binauraux fait partie des techniques de « développement personnel » et que l’on trouve sur Internet de nombreux sites de passionnés et une liste d’échanges sur le sujet, en anglais (http://health.groups.yahoo.com/group/bwgen/) , qui réunit à ce jour plus de 5500 membres dans le monde entier. Nous pensons qu’il existe actuellement un engouement pour les techniques de stimulation cognitive, ce qui nous semble confirmé par les ventes d’un nouveau type de jeux sur consoles, basé un entraînement des fonctions cognitives.

Extrait de l’étude présentée dans : http://www.memoireonline.com/01/07/325/m_sons-binauraux-effets-cliniques-et-neuropsychologiques1.html

Voir aussi ses publication en 2011 :

http://www.cairn.info/publications-de-Forgeot-Brigitte–73731.htm

 

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