Méditation Vipassana

Vipassana, qui signifie voir les choses telles qu’elles sont réellement, est une des plus anciennes techniques de méditation de l’Inde. Il y a plus de 2500 ans, elle a été redécouverte par le Bouddha Gautama, qui l’a enseignée en tant que remède universel à des maux universels, c’est-à-dire en tant qu’Art de vivre. Cette technique non sectaire vise à l’éradication totale des impuretés mentales et le bonheur suprême de la totale libération qui en résulte. Guérir, non pas seulement soigner les maladies physiques mais guérir l’homme de toutes ses souffrances en constitue le but. Vipassana est un moyen de se transformer soi-même à travers l’observation de soi-même. Cela repose sur la relation profonde entre l’esprit et le corps, qui peut être directement expérimentée par l’attention disciplinée portée aux sensations physiques qui constituent la vie du corps. Celles-ci agissent et conditionnent continuellement la vie de l’esprit et réciproquement. C’est ce voyage fondé sur l’observation, sur l’exploration des racines communes de l’esprit et du corps qui dissout les impuretés mentales, pour acquérir un esprit équilibré, rempli d’amour et de compassion. Les lois scientifiques qui régissent nos pensées, émotions, jugements et sensations deviennent claires. A travers l’expérience directe, on comprend peu-à-peu comment chacun progresse ou régresse, comment chacun produit de la souffrance ou bien se libère de la souffrance. Il en résulte une vie plus consciente, plus lucide, avec plus de maîtrise et de paix.

(http://lesinsoumis.org/la-meditation-vipassana)
 
                                                                     
 
 
Extrait de Wikipédia :

Vipassanā bhāvanā (traduit par « développement de la vision supérieure » ou « vue pénétrante »), est une méthode de méditation qui aurait été découverte par le Bouddha. Elle consiste à simplement prêter attention à la réalité.

La pratique

Vipassanā bhāvanā se pratique le plus souvent assis, mais aussi debout, en marchant ou allongé, et suppose une implication totale dans la pratique, tout comme dans Samatha bhāvanā. « Samatha » signifie tranquillité et « bhāvanā » (littéralement : existence) est traduit par développement.

Dans le système Vipassanā bhāvanā, regarder les choses telles qu’elles sont s’accompagne d’une découverte des pensées, sensations, émotions, réactions et de l’exploration de sa conscience en développant l’équanimité. Cette pratique permettrait de démasquer l’illusion de la permanence de la vie et de son caractère agréable ou de la possibilité de la contrôler. Elle conduirait à une prise de conscience du changement perpétuel, par la vue des trois caractéristiques de l’existence, et à un détachement de ce monde et à la réalisation du nirvana.

Vipassanā est pratiquée dans le bouddhisme theravadamahayana et tantrayana. À noter que le Zen préconise la pratique de Zazen, mais existe également d’une manière entièrement autonome (non attaché à une philosophie ou une religion). Ainsi il existe par exemple le réseau international de Vipassanā (voir ouvrages de Jack Kornfield), les centres de S. N. Goenka (dont un près de Paris et un près de Montréal) ou le Moulin de Chaves (en Dordogne).

S. N. Goenka insiste sur l’attention aux sensations et définit sa technique en citant cet extrait du Satipatthana sutta :

Avec ardeur, être attentif à chaque instant à l’apparition et à la disparition des sensations, et développer sa sagesse par cette compréhension de leur caractère impermanent.

Dans le bouddhisme, on peut dire que Vipassanā représente le développement de la « vue juste », partie du noble sentier octuple.

Différentes associations se disent aujourd’hui héritières de la pratique Vipassanā du Bouddha.

Vipassanā dans le theravada

La pratique de vipassanā est centrale dans le bouddhisme theravada.

Dix-huit inspections

Ces dix-huit pratiques sont pour « vaincre par la substitution de l’inverse ». La contemplation de l’impermanence, par exemple, serait capable de dissiper la conception erronée éternaliste :

  1. Contemplation de l’impermanence
  2. Contemplation de la souffrance
  3. Contemplation de l’impersonnalité
  4. Contemplation de l’aversion
  5. Contemplation du détachement
  6. Contemplation de l’extinction
  7. Contemplation du renoncement
  8. Contemplation du déclin
  9. Contemplation de la disparition
  10. Contemplation de la transformation
  11. Contemplation de l’inconditionné
  12. Contemplation de l’état d’être sans désir
  13. Contemplation de la vacuité
  14. Contemplation de la plus haute intelligence concernant les phénomènes
  15. Contemplation de la connaissance et vision en accord avec la réalité
  16. Contemplation de la misère
  17. Contemplation de la contemplation réfléchie
  18. Contemplation de l’action de se détourner

Stades

La description théravadin traditionnelle de la pratique de Vipassanā décrit certains stades. Upatissa
, dans le Vimutti-Vagga, s’inspire du Ratha-vinita Sutta pour décrire 7 stades de la pratique. Buddhaghosa reprend ce travail et décrit sept puretés : la discipline, la concentration, suivies de cinq stades de connaissances, marquant une évolution dans la pratique, depuis l’application des préceptes jusqu’à l’atteinte du nirvana (libération). 

Sayadaw U Pandita décrit quant à lui l’évolution de la pratique de vipassanā à travers quatre vipassana jhanas.

Souillures

Dix souillures, vipassana nūpakkilesa :

Les dix souillures peuvent être comprises comme une conséquence de l’ignorance. Les cinq premières sont des «entraves inférieures» et les autres, des «entraves supérieures».

  • La vision du moi, sakkaya-ditthi
  • Le doute
  • L’attachement aux rites et aux règles
  • Le désir sensoriel, kāma-raga
  • L’aversion
  • Le désir d’un corps physique pur, rūpa-raga
  • Le désir d’une existence sans forme, arūpa-raga
  • L’orgueil
  • L’agitation
  • L’ignorance, avijja

Dans le Mahâyâna et le Hinayana

Le Vipassanā est pratiqué dans le Hinayana (dont fait partie le Théravada ou « École des anciens », pratiqué surtout dans le sud de l’Asie), comme dans le Mahayana. Aucune initiation, comme pour certains rituels ou la méditation (ex. : Tantra), n’est requise.

Bibliographie

  • William HartL’art de vivre, Méditation Vipassanā enseignée par S.N. Goenka
  • Nyanaponika Thera, Le cœur de la méditation bouddhiste, Maisonneuve
  • Walpola Rahula, L’enseignement du Bouddha, Points Sagesses, Le Seuil, Paris, 2004
  • BuddhaghosaVisuddhimagga, Fayard
  • Jack KornfieldPérils et promesses de la vie spirituelle (A Path with Heart), édition La table Ronde
  • Dr Frédéric ROSENFELD, « Méditer c’est se soigner », Les Arènes, mai 2007
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