Stella et le Lutin

Stella et le Lutin

par le Docteur Christian TAL SCHALLER

http://www.santeglobale.info/

 

Introduction

Ce texte a pour but de faire souffler un vent de liberté, de gaieté et de conscience

spirituelle qui s’avère aussi précieux en ce début de troisième millénaire !

Pour tirer le maximum de profit de ce récit, je vous invite à mettre de côté la « raison

raisonnante » chère à Descartes pour activer l’hémisphère droit de votre cerveau, où

résident vos facultés de réceptivité, d’imagination, de fantaisie, de magie et de

connections avec les mondes de lumière.

Laissez « STELLA ET LE LUTIN » parler à votre âme d’enfant pour vous rappeler que vous êtes, vous aussi, infini, immortel, éternel et universel !

 

Chapitre 1 – Dans la lumière

 

Le jour de ses quinze ans, Stella fait une expérience extraordinaire. Tandis qu’elle se

promène dans le parc proche de la maison où elle vit avec ses parents, elle voit soudain le monde autour d’elle devenir de plus en plus transparent et de plus en plus lumineux.

Elle distingue alors la sève qui coule dans le tronc et les branches des arbres, elle voit les flux d’énergie vitale qui parcourent les corps des promeneurs et forment autour d’eux un halo scintillant, elle aperçoit des êtres de lumière et des anges aux grandes ailes qui se déplacent dans l’espace et elle entend une voix qui parle dans son cœur et lui apporte des messages de sagesse. Elle découvre aussi que tout ce qu’elle regarde est transformé par son regard, touché par une lumière merveilleuse qui accroît le dynamisme vital. Si elle observe un enfant, il commence à rire, si elle pose ses yeux sur un adulte, il ne peut s’empêcher de sourire, si elle aperçoit un oiseau, il se met à chanter. Stella se sent la créatrice d’un monde de clarté, pétillant de gaieté, de fantaisie et d’un bonheur aussi scintillant qu’une pluie d’étoiles.

Bouleversée, elle rentre chez elle et raconte à ses parents ce qui lui est arrivé. Mais les propos de Stella ne les réjouissent nullement. Ils réagissent très mal en parlant

d’hallucinations, de surmenage mental, de maladie psychique. Ils ont peur de ce que les voisins pourraient dire.

— Mais je ne suis pas malade ! s’écrie Stella.

Comme ses parents restent sourds, elle s’en va et se rend à la poste. Son cœur est déjà un peu plus lourd et la lumière qu’elle voit moins brillante.

 

Chapitre 2 – Chez les fonctionnaires

 

Au fonctionnaire qui lui sourit, elle tente d’expliquer : J’ai découvert que je suis un

être de lumière et que nous le sommes tous ! Je sais que Dieu parle à travers ma bouche.

Il enseigne l’amour et la tolérance. Il me demande d’être son messager pour rappeler aux êtres humains qu’ils sont des êtres spirituels !

L’aimable postier ouvre tout grand la bouche et écarquille les yeux. Il se trouve devant un cas tout à fait inédit, insolite, un de ces cas dont aucun règlement postal ne fait mention.

Après avoir imposé à ses neurones un effort démesuré, totalement inhabituel dans sa vie bien organisée, un effort désespéré pour trouver, dans quelque tiroir oublié de sa mémoire, une réponse adéquate, il bredouille :

— Vous devriez peut-être vous adresser au bureau des affaires religieuses, c’est

sûrement de leur ressort !

Stella s’y rend aussitôt et se trouve en face des représentants des grandes religions,

celles qui ont pignon sur rue, celles qui ont si bien réussi que plus personne n’ose les

traiter de « sectes ». Ces doctes personnages sont tous habillés de noir et leur mine

sévère ne présage rien de bien joyeux. Ils donnent plus envie de bailler et de soupirer que de rire et de chanter. Ils l’écoutent religieusement (c’est le cas de le dire) puis le plus vieux d’entre eux prend la parole, avec une voix caverneuse :

— Mon enfant, tes propos ne sont pas sans rappeler ceux prononcés, il y a bien

longtemps, par un nommé Jésus. Mais tu devrais savoir que ses idées novatrices lui

ont valu de sérieux ennuis.

Nous te déconseillons vivement de suivre ses traces. Pourtant, si tu persistes, tu auras peut-être la satisfaction posthume de te voir canonisée ou reconnue à posteriori comme un être d’exception. Mais nous attendrons que tu sois morte, car les prêtres de nos diverses institutions ne veulent pas courir le risque de pouvoir être contredits. Nous ne vénérons que des personnes dûment décédées. Évidemment certaines déjouent nos plans en faisant le coup de la résurrection. Mais, heureusement, c’est assez rare de nos jours. Quoi qu’il en soit, nos bureaux de lutte antisectes se chargent de ridiculiser et faire taire les messies et les prophètes qui osent mettre en danger l’ordre établi !

Chère enfant, ne perd pas ton temps à vouloir appliquer la volonté divine, contente-toi d’obéir aux consignes données par les autorités religieuses. Tu verras, c’est assez compliqué, mais les serviteurs de Dieu que nous sommes t’aideront à progresser de l’état de grand pécheur invétéré à celui de paroissien béni par l’Eglise.

Stella soupire :

— Mais vous ne comprenez pas ! Je suis un être de lumière et Dieu parle par ma

bouche !

— Oui, je sais. Tu vas certainement nous dire de redevenir comme des petits-enfants

pour entrer dans son Royaume. Nous connaissons le sujet. Nous avons écrit des

livres et des livres pour expliquer ce que cela signifie et nous avons bâti, grâce à nos

théologies sophistiquées, un ensemble sérieux et cohérent de concepts qui sont le

pain béni des exégètes de toutes les confessions.

De désespoir, Stella se met à pleurer à chaudes larmes.

— Ne pleure donc pas ici, jeune fille, tu pourrais mouiller nos robes ecclésiastiques et nos tapis de prière. Contrôle tes émotions, ne fais pas l’enfant. Sois sage, que diable !

Tous les vénérables représentants des grandes religions froncent les sourcils et jettent des regards sévères à Stella pour qu’elle mette fin sur le champ à ce comportement déplacé.

Une colère brusque s’empare de Stella qui s’exclame :

— Vous n’êtes que des vieux barbons qui refusent la vie, qui tournent le dos à la lumière. Vous êtes sombres et tristes. Je veux partir d’ici !

— Mon enfant, dit le vieillard qui parle pour tous les autres, tu dépasses les bornes. Tu ne peux parler ainsi à des dignitaires officiellement reconnus et respectés. Nous

devons te protéger contre toi-même, car ton comportement pourrait te mettre en

danger.

Et, d’un geste discret, le grand représentant des grandes religions fait appeler le

psychiatre de service.

En attendant sa venue, tous se taisent, et Stella se remet à pleurer comme une

Madeleine, faisant planer la menace d’une véritable inondation sur les tapis de prière qui n’ont pas reçu un tel flot de larmes depuis bien des siècles.

Le Docteur BREUD, médecin psychiatre assermenté depuis plus de trente ans, arrive en trottinant, sa mallette à la main. Il est chauve, bedonnant, assez débraillé et il cache ses yeux vitreux derrière des lunettes rondes comme les hublots des anciens scaphandres.

— Où est la malade ? s’enquit-il aussitôt.

Sa conscience professionnelle est tellement évidente qu’elle rend d’emblée tout débat inutile. Dès qu’il aperçoit Stella en pleurs, seule présence féminine dans cet aréopage de vieux messieurs, il sait à quoi s’en tenir.

— Allons, jeune femme, dit-il d’une voix douce. Ne craignez rien. Tout ira bien. Je suis là. Je vais vous faire une toute petite piqûre. Vous ne sentirez presque rien et après vous vous détendrez et retrouverez tout votre calme.

Stella s’écrie :

— Je ne veux ni de votre calme ni de vos piqûres ! Je suis un être de lumière et Dieu…

Elle n’a pas le temps d’en dire plus. Tous les représentants des grandes religions se

jettent sur elle et la maintiennent clouée au sol pendant que le Docteur BREUD

prépare sa seringue et lui injecte dans la fesse six centimètres cube du neuroleptique

le plus récent mis au point par l’industrie pharmaceutique.

Un produit efficace, un des plus beaux fleurons de la chimie toute puissante. Stella

sombre aussitôt dans un profond coma qui rassure l’auditoire. Le sérieux et la gravité

règnent à nouveau en maîtres absolus et le Docteur BREUD conclut, en nettoyant ses lunettes :

— Je suis sûr qu’après quelques mois de traitement nous pourrons guérir cette jeune

fille, lui redonner le goût d’une vie normale. Délivrée de ses phantasmes, elle pourra

alors fonder une jolie petite famille avec de nombreux petits-enfants sages, des futurs paroissiens pour vous, Messieurs !

Très content de sa remarque subtile, le Docteur BREUD arbore un grand sourire qui lui vaut des regards glacés. Les représentants des grandes religions sont allergiques à toute forme d’humour. Ils considèrent que la gaieté, le rire et la fantaisie sont les maladies les plus dangereuses qui soient, celles qui pourraient mettre leur autorité en péril.

 

Chapitre 3 – L’hôpital psychiatrique

 

Trois jours plus tard Stella se réveille dans un univers tout blanc. Elle croit d’abord être au paradis, mais les propos des infirmiers, infirmières et médecins, au fur et à mesure qu’elle sort du brouillard de son cerveau embué, la ramènent à une réalité beaucoup plus prosaïque. Ils parlent de repas, de congés, de malades plus ou moins débiles. De quoi vous ramener dare-dare sur terre !

Alors Stella se souvient. Sa tristesse est sans bornes. D’autant plus qu’elle ne voit plus la lumière du monde et qu’elle a perdu tout contact avec Dieu. Elle pleure pendant des jours et des jours, jusqu’à ce que ses yeux épurés voient à nouveau un peu de la beauté du monde, la tendresse des camaïeux de verts qui composent le monde végétal et les variétés de bleus qui tissent la trame du ciel. Elle reprend peu à peu pied dans ce que les psychiatres appellent « le monde réel » et qui n’est, en fait que l’illusion partagée par les matérialistes, ces êtres humains amputés de leur partie spirituelle, ces êtres qui ont déclaré un jour que la terre leur appartenait. Ils n’ont plus voulu être des hôtes, des enfants de la terre, ils ont décidé qu’ils en étaient les propriétaires et ils se sont mis à piller, saccager, détruire sans vergogne les plantes et les animaux tout en creusant le sol pour en extraire des minéraux et le saint pétrole qu’ils vénèrent tant.

Dans ce monde froid et rigide, ce monde soumis à la tyrannie de l’intellect, Stella se sent mal à l’aise. Son cœur est lourd et de gros soupirs s’échappent souvent de ses lèvres. Du fond de son cœur, elle lance un appel à l’aide en demandant au ciel de se pencher sur son sort. Et, comme il se doit dans toutes les histoires d’amour (et qu’est-ce que la vie sinon une histoire d’amour ?), le ciel lui répond quelques jours plus tard sous la forme d’une rencontre qui va déposer un baume délicieux sur son cœur blessé.

Chapitre 4 – Rencontre avec le lutin

 

Alors qu’elle se promène dans le parc, au détour d’une allée de châtaigniers, elle aperçoit un petit être d’une trentaine de centimètres de haut, habillé d’un habit vert et d’un élégant chapeau pointu de même couleur. Il a des yeux malicieux et son air joyeux séduit immédiatement Stella, qui lui sourit en retour.

— On m’appelle Farceur, le lutin. Mais mon vrai nom, si tu veux le savoir, est Cristobal ! Je suis très content de te rencontrer. Je salue ta beauté et ta grâce de tout mon cœur.

Il termine sa phrase par la plus gracieuse révérence qu’on puisse imaginer et Stella se sent fondre d’amour pour un être si charmant et si galant…

— Tu tombes bien, dit-elle, je suis assez désespérée. Les représentants des grandes

religions et le Docteur BREUD m’ont envoyée ici, dans cet hôpital. Je me sens en

prison dans ce monde si rationnel, si hygiénique, si froid que j’en perds le goût de la

fantaisie. Je ne sais même plus ce que je suis venue faire sur terre.

— Allons, charmant être de lumière, fille du Dieu d’amour, ne t’abandonne pas au

découragement, dit le lutin en riant, ta beauté intérieure brille de mille feux merveilleux et rien ne pourra jamais l’éteindre. Tu as juste besoin d’un peu d’éducation. Tu dois apprendre à tenir compte de ceux auxquels tu t’adresses et choisir les mots que tu utilises en fonction de leur niveau de conscience !

— Mais je ne veux pas devenir une hypocrite ! s’exclame Stella.

— Qui te parle d’hypocrisie ? Tu te crois authentique quand tu dis ce que tu penses mais tu oublies de tenir compte des autres. Tu veux leur imposer ta vérité et cela te rend aussi intolérante que les vieux barbons qui te voyaient comme un être diabolique !

Vexée, Stella fait la moue.

— Je ne veux rien imposer du tout, je dis simplement ce qui est vrai !

— Oui, mais quelques leçons de diplomatie et de légèreté ne te feront pas de mal. Je

m’en chargerai, si tu reviens demain.

Sur ces mots, Cristobal le lutin disparaît en faisant des pirouettes et Stella revient vers la grande bâtisse en chantonnant.

L’espoir, cette brise parfumée qui guérit les cœurs endoloris, l’a remise en contact avec la flamme de vie qui fait danser les atomes et les molécules de tout l’univers. Du coup, elle trouve l’air aimable aux infirmiers qui marchent dans les couloirs d’un pas lent et contrôlé, comme pour se convaincre qu’ils ont choisi le bon camp, celui des psychiatres qui règnent, de toute la force de leurs certitudes intellectuelles sur le troupeau désordonné des malades mentaux, ces malades ne respectent pas les lois de la bienséance officielle et osent, comme des enfants, avoir des émotions et les exprimer par des gestes et des sons aussi naturels qu’inadmissibles pour ceux qui sont les gardiens de l’ordre social.

 

Chapitre 5 – Se libérer de la peur

 

Le lendemain, Stella se rend, le cœur bondissant, au rendez-vous du lutin et lorsqu’elle le voit, toujours aussi adorable, elle éclate d’un rire cristallin, ce rire bon enfant qui montre, mieux que tous les examens de laboratoire, que la guérison est proche.

Cristobal est de fort bonne humeur :

— Vive la vie, princesse divine, toi dont le sourire ravit tous les êtres de la nature dont je suis ici le représentant. Ne laisse plus jamais les gens sérieux t’impressionner. Leur science n’est qu’illusion. Elle est le produit d’un intellect perturbé par la peur, cette peur qui engendre le sérieux, le jugement, la comparaison, la compétition et le conformisme. Les gens sérieux ont perdu leur spontanéité et leur sagesse d’enfants des étoiles. Ils vivent en contrôlant leur vie et celle de tous ceux qu’ils rencontrent. Ils sont prisonniers de leur peur et de l’insécurité qu’elle distille en permanence comme un venin mortel.

Fais l’effort de les comprendre et ne les juge pas. Ils ne sont pas mauvais mais

seulement malades, ignorants, faibles. Accepte-les comme ils sont et apprends à

trouver les mots qui les sécurisent. Quand tu leur dis : « Je suis un être de lumière », tu

les effraies car ils ont oublié qui ils étaient. Alors demande-leur plutôt :

« Vos textes sacrés ne disent-ils pas que nous sommes tous les enfants de

Dieu ? Ne sommes-nous pas ses fils et ses filles ? »

Ils vont alors t’expliquer qu’ils savent mieux que toi qui est Dieu et qui tu es. Tu les

remercieras et ils ne feront plus appel au Docteur BREUD pour te faire taire !

Accepte-les tels qu’ils sont. Aimer, c’est accepter la réalité de l’autre sans aucune

condition. Une fois que tu es capable de voir le monde avec les yeux de celui que tu

rencontres, alors tu peux commencer à entreprendre, délicatement, de chercher

comment tu peux le soutenir sur son chemin vers la lumière.

Stella est ravie. La sagesse du lutin l’enchante. Elle répond aux nombreuses questions qui tourbillonnaient sans sa tête. Elle se penche vers le petit être habillé de vert :

— Cristobal, tu es merveilleux ! Je suis tellement contente que j’aimerais t’embrasser !

— Ne te gêne pas, charmante princesse. Dans notre monde joyeux, les baisers sont tous

parfumés et délicieux !

Et le lutin tend sa petite bouche aux lèvres vermeilles vers le visage de Stella qui, pour la première fois, embrasse un être de la nature.

Au contact du lutin, elle sent une immense douceur l’envahir et faire trembler son cœur, la guérissant des misères endurées. L’amour chante et emplit son monde de gaieté et de tendresse.

— Comprends, ajoute le lutin, que tous les êtres vivants, sans exception, sont les enfants

de Dieu et que le Créateur universel parle par leur bouche. La beauté silencieuse des

minéraux est expression du divin, comme les formes souples des plantes, la puissance des arbres, les coloris enchanteurs des fleurs, les chansons des rivières, la danse des nuages et du vent ainsi que la vitalité des animaux qui partagent avec les êtres humains ce grand terrain de jeux et d’apprentissage qui s’appelle la planète Terre.

Tu es unique, puisque aucun être vivant n’est pareil à toi, mais tu n’es pas la seule fille

de Dieu !

Ton message, tu es la seule à pouvoir l’apporter, mais ne crois pas qu’il soit supérieur

à celui des rochers, des fleurs, des arbres, des antilopes qui bondissent dans la

savane ou des dauphins qui jouent dans les vagues.

Croire qu’il existe des « êtres supérieurs » ou des « idées supérieures » est un fléau

qui pousse les humains à une compétition sans fin, à des guerres de pouvoir

épuisantes et à des hiérarchies intellectuelles qui engendrent mille maux.

Ni le peuple minéral, ni le peuple végétal, ni le peuple animal, ni les êtres de la nature,

ni les anges, ni les guides spirituels qui peuplent les vastes espaces des royaumes

célestes, n’ont créé d’échelles de valeur, de normes sociales, de lois et de barèmes !

Ils vivent tous dans la liberté de l’amour divin, dans la spontanéité et la joie

d’apprendre. Seuls les êtres humains ont su, en érigeant leur intellect en Dieu absolu,

créer des règlements, des lois, des policiers, des juges, des bourreaux, des prisons,

des maladies, des médecins, des pharmaciens, des hôpitaux, des asiles psychiatriques, des assurances maladies, des croque-morts et des entreprises de pompes funèbres ! Sans oublier les élevages industriels, les abattoirs, les laboratoires de vivisection, les organismes génétiquement modifiés, les insecticides, les pesticides, les vaccinations, la pollution, le stress, la déprime… Vraiment, les êtres humains sont très créatifs ! D’une créativité telle qu’ils sont presque parvenus à détruire la planète qui les accueille.

— Tais-toi ! s’écria Stella. Tu me fais peur. Tu fais de l’ironie sur tout, tu prends tout

comme une grande farce, mais nous sommes dans une situation très sérieuse. Nous

sommes au bord du gouffre. Ce n’est pas le moment de plaisanter.

— Ma chère enfant, tu te trompes ! C’est justement parce que ce moment est important,

déterminant, capital, qu’il s’agit de sortir des pièges du sérieux pour réapprendre à

rire, à chanter et à danser !

Spirituel ne veut-il pas dire « amusant », « drôle » ? Il s’agit de spiritualiser l’humanité

pour qu’elle sorte des carcans rigides du sérieux, carcans qui l’ont immobilisée depuis

quelques millénaires. Il s’agit de l’aider à retrouver son essence, sa réalité profonde,

sa lumière et sa conscience. Lâche les idées reçues, le conformisme et la peur inculquées par tes parents et tes professeurs. Alors, naturellement, l’univers redeviendra pour toi un immense jardin joyeux, merveilleux, chaleureux et bienveillant.

Tous les êtres vivants sont tes frères et tes sœurs, tous font partie de la même famille.

Pourquoi croire encore que des dangers affreux, des catastrophes horribles, des

cataclysmes épouvantables te menacent ?

Toutes les tragédies n’existent que dans la tête de ceux qui ont oublié la nature

immortelle des êtres humains. Personne ne meurt ! Il n’y a que des gens qui

retournent à la maison après leur temps à l’école !

Stella soupire. Une brise légère entre dans son coeur et en chasse les miasmes du passé.

Elle se sent confiante, sereine, pleine d’enthousiasme et d’entrain…

— Je crois que je suis en train de tomber amoureuse de toi ! dit-elle en soupirant et en

levant les yeux au ciel.

— Moi aussi, je suis amoureux de toi, amoureux fou ! répond Cristobal. N’est-ce pas

délicieux ?

Pourquoi ne pas l’être tout le temps et de tous les êtres vivants ? Ne sommes-nous

pas des êtres d’amour ?

Attrapant une petite guitare surgie d’on ne sait où, le lutin au chapeau pointu se met à chanter d’une voix si moelleuse que Stella sent des frissons parcourir tout son corps :

J e c h a n t e l a j o i e d e v i v r e

L e b o n h e u r d ’ ê t r e v i v a n t

L e p l a i s i r d e s o u r i r e

E t d ’ a p p r e n d r e e n r i a n t

J e c h a n t e l a j o i e d ’ a ime r

D e f a i r e d e s c a b r i o l e s

D e d a n s e r l a f a r a n d o l e

Co mme d e s e n f a n t s f o u s

Co mme d e s amo u r e u x a u x y e u x d o u x

Qu i n ’ o n t p l u s p e u r d e r i e n

E t a p p r é c i e n t s a n s f i n

L e u r n a t u r e d ’ ê t r e s d i v i n s !

 

Chapitre 6 – Leçon d’histoire (1ère partie)

 

Le lendemain, Stella regarde par la fenêtre un écureuil bondir de branche en branche

dans un arbre.

— Quelle grâce, quelle légèreté ! s’exclame-t-elle.

J’aimerais tant pouvoir faire comme lui !

Elle soupire car elle se sent lourde comme du plomb. Des larmes jaillissent de ses yeux et coulent sur ses joues. Elle a l’impression de porter sur le dos toute la misère humaine, le poids de tant de souffrances accumulées tout au long de l’histoire, cette malédiction de tant de vies privées de jeu et de joie.

Alors que de gros sanglots secouent sa poitrine, une brise douce vient la caresser et faire flotter ses cheveux avec grâce. Cristobal agite près d’elle un éventail et il la regarde avec une infinie tendresse.

— Allons, charmante jeune fille, ne te désole pas ! Même si tu n’as pas la légèreté et la souplesse de l’écureuil, tu n’es pas condamnée à vivre dans l’immobilité. Si l’homme n’est pas un animal très performant, c’est parce qu’il a développé d’autres atouts.

Ton trésor, ton diamant, ta source de liberté, ce sont les merveilleuses capacités de

ton cerveau.

Il contient, dans les neurones de l’hémisphère cérébral droit, toutes les clés de

l’imagination créatrice. Avec elle, tout est possible. Avec elle, tu peux bondir, courir,

voler, nager, sans autres limitations que celles que tu t’imposes !

Toutes les souffrances humaines viennent d’un usage immodéré du cerveau gauche,

qui compare et soupèse, analyse et dissèque avec le scalpel de la raison,

compartimente et hiérarchise sans laisser passer les messages lumineux de l’âme, qui te dis et te redis, sur tous les tons et depuis la nuit des temps, que tu peux tout

concevoir, tout rêver, tout vivre.

Dans des civilisations anciennes, comme l’Atlantide ou la Lémurie, les êtres humains

avaient encore accès à des potentiels créateurs exceptionnels. Ils imaginaient et

créaient ce que leurs rêves avaient dessiné dans les sphères célestes. Mais, par la

suite, l’ignorance a commencé à faire des ravages et seuls de petits groupes d’êtres

humains ont gardé le contact avec la sagesse divine. Ce sont les peuples

chamaniques, les peuples des anciennes cultures, qui ont toujours su maintenir un

mode de vie en harmonie avec la nature.

Les peuples des jeunes cultures, qui ont formé les civilisations successives de Sumer, de la Perse, de la Chine, de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud, de L’Égypte, de la Grèce, de Rome et, plus récemment, du monde industriel, se sont construites sur le contrôle des foules volontairement maintenues dans l’ignorance de leur origine divine et de la véritable histoire de l’humanité.

Par qui sont donc contrôlés ces millions de gens qui forment les peuples des sociétés modernes ?

Par une toute petite élite de quelques familles dirigeantes. Elles ont signé un pacte

avec les forces de l’ombre. Parmi celles-ci, se trouvent des extraterrestres qui ont

décidé, depuis longtemps, de maintenir les êtres humains dans une condition

d’esclaves. Les êtres qui possèdent l’argent et la puissance se sont alliés à eux. Ils

n’ont pas développé les capacités d’amour du coeur et ne sont intéressés que par le

pouvoir, la technologie et le génie intellectuel.

Leur principale arme de contrôle est la peur. Ils ont persuadé les humains que la vie

matérielle est la seule qui existe et qu’aucun monde de lumière ne les attend au-delà

de la mort. Ils ont ridiculisé tous ceux qui parlaient d’anges, de guides spirituels, de

fées ou de lutins ! Par la ruse, ils ont convaincu les individus d’abandonner leur

pouvoir souverain, leur pouvoir divin, pour se confier, corps et âmes, à leurs dirigeants temporels. À travers les hiérarchies politiques et sociales, les religions, la médecine, la science et les institutions de toutes sortes, ils ont enseigné l’obéissance comme vertu suprême. L’obéissance à ceux qui gouvernent !

Mais très peu de personnes réalisent que ceux qui sont au sommet de la pyramide du pouvoir sont eux-mêmes les sujets serviles des forces de l’ombre qui leur donnent le pouvoir, mais au prix fort. Les dirigeants terrestres sont obligés de leur obéir au doigt et à l’oeil et de cultiver le mensonge à grande échelle. Mais n’est-ce pas ce que

demandent les foules hypnotisées ? Elles crient : « Pensez à notre place ! Décidez

pour nous ! Assistez-nous ! Nous ne voulons pas assumer notre destinée d’êtres

divins, nous préférons suivre le troupeau des moutons dociles, vivre sans remettre en question les croyances que nous ont données nos parents ! »

Stella est horrifiée. Elle a de la peine à croire à un complot aussi machiavélique.

— Ne dramatise pas ! dit Cristobal en riant. Il n’y a rien de grave dans cette comédie,

cette extraordinaire pièce de théâtre dont les êtres humains sont les auteurs, les

metteurs en scène, les acteurs et les spectateurs. Tout cela ne peut conduire qu’à

l’éveil spirituel, à l’aventure merveilleuse de soudain sortir des brumes de la peur, de

la nuit de l’ignorance, pour retrouver le soleil de la conscience ! Les barons de la peur peuvent encore régner pendant quelques années sur le monde matériel, mais ils ne peuvent pas empêcher ceux qui choisissent de sortir de l’illusion matérialiste de se rappeler qu’ils sont des êtres de lumière incarnés dans un corps de matière !

La conséquence de cette prise de conscience est immense. Elle met fin à l’histoire

telle que tu la connais, l’histoire officielle enseignée par les écoles. Réalise que les

gouvernants actuels ont peur car ils savent que, bientôt, l’éveil des consciences

sonnera le glas de leur pouvoir despotique. Et toi, Stella, tu fais partie des éveilleurs

de l’humanité, des prophètes et des sages qui ont déchiré le voile de l’illusion et

parlent de lumière et d’amour. Tu es entrée dans le club des guérisseurs planétaires

qui créent, par leur foi et leur joie, un monde délivré de la peur et de l’ignorance.

Sois bénie et ne te décourage jamais. Tu es la joie et la vie, tu es la musique et la

danse, tu es l’enfant qui naît et le vieillard qui, à son dernier souffle, quitte son corps

pour retourner vers les mondes spirituels. Tu es un être d’amour et aucun être de

l’ombre, aucun prêtre, aucun roi, aucun expert ni aucun gourou ne pourra t’imposer

ses dogmes, ses croyances limitées et ses lois trop étroites pour toi. Tu es libre de

tous les conditionnements, de tous les moules, de toutes les prisons sociales. Que la

paix soit avec toi !

Et Cristobal, en riant, se volatilise.

 

Chapitre 7 – Tu es immortelle, éternelle, universelle et sans limites !

 

Stella n’en revient pas d’une telle gaieté, d’une telle force. Elle se demande si elle

parviendra à se rappeler de tous ces enseignements prodigieux et elle entend, avec ses sens subtils, le rire du lutin lui dire :

— Bien sûr ! Maintenant que tu n’as plus peur, tu n’as plus besoin de faire des efforts

pour mémoriser quoi que ce soit. Tu n’as qu’à te souvenir que tu sais déjà tout !

En te reliant à ton âme, tu es un être immortel, éternel, universel et sans limites. C’est quand même mieux que de te considérer comme une malade mentale, n’est-ce pas ?

Et Cristobal éclate de rire.

— Ça y est, dit Stella, tu ris de nouveau ! Ne peux-tu vraiment jamais être sérieux, ne

serait-ce qu’un instant ?

— Si, si, pour te faire plaisir, je peux le faire !

Stella voit alors l’inénarrable lutin se transformer sous ses yeux ébahis en un vieillard

cacochyme, perclus de rhumatismes et ronchonnant :

— Ah, comme la vie est difficile ! Je cherche une maison pour personnes âgées qui

pourrait m’héberger, me nourrir et m’assurer une bonne assistance médicale ! Tu

n’aurais pas une bonne adresse pour moi, ainsi qu’un peu d’argent pour m’acheter

une chaise roulante ?

— Espèce de fripouille, s’exclame Stella, tu n’as donc aucun respect pour les personnes âgées !

— Non, dit Cristobal en reprenant sa forme de lutin, je n’ai de pitié pour personne. La

pitié consiste à croire à la faiblesse d’autrui. Je n’y crois pas. Tu voudrais que je

prenne les diamants pour des billes de verres, les empereurs pour des mendiants, les êtres divins pour des victimes de la fatalité ? Même pour te faire plaisir, je ne peux pas adhérer à une illusion aussi insensée !

Stella sourit. Décidément, ce lutin a réponse à tout. Il est impossible de le culpabiliser.

— Tu ne ferais ni un bon écolier, ni un bon militaire, ni un bon pensionnaire de foyer pour personnes âgées, lutin facétieux. Je crois que le Docteur BREUD et les représentants des grandes religions te considéreraient comme un cas psychiatrique grave, souffrant d’une psychose irréversible.

— Tu as raison, petite soeur, ils voudraient à coup sûr m’enfermer dans la prison dans laquelle ils vivent eux-mêmes. Ils s’y sentent si seuls ! Scruter et analyser les

déséquilibres d’autrui leur donne le pâle réconfort de penser qu’ils sont, eux, normaux et équilibrés. Mais cette illusion leur prend beaucoup d’énergie vitale et les fait vivre dans un état de peur permanente qui durcit leurs traits et alourdit leur corps. Ils deviennent ainsi des humains fossilisés !

Cette idée fait rire Stella et des jaillissements de lumière rayonnent autour d’elle, comme un feu d’artifice vivant et scintillant, tel un soleil de gaieté qui illumine le monde, réveille et réchauffe les coeurs engourdis par un trop long hiver.

— Le printemps de la conscience spirituelle, voilà ce que tu annonces, dit le lutin, l’ère du bonheur illimité pour tous les êtres vivants !

Stella est aux anges. Enfin sa quête aboutit, enfin sa soif s’étanche. Elle peut aimer et rire à la fois.

Spiritualité ne rime plus avec sévérité. Tout devient drôle et amusant, l’univers tend vers elle des bras accueillants et la vie coule avec la fluidité, la tendresse et la gaieté des rivières et des ruisseaux qui, dans tous les pays du monde, parlent d’amour à ceux qui ouvrent leur coeur.

Elle est délivrée des conventions des psychiatres et des dignitaires religieux. L’asile aux murs de pierre froide et de soignants au coeur de métal a disparu, les portes du paradis sont ouvertes et l’enchanteur lutin joue le rôle de guide touristique !

— Ne crains pas les folies des hommes, ajoute Cristobal. Pendant le jour, ils résident

dans une école maternelle gérée par des êtres spirituels conscients qui mettent des

limites à leurs projets destructeurs. Si tu pouvais concevoir l’intelligence inouïe des

grands êtres qui s’occupent de la bonne marche de l’univers, tu ne laisserais plus des pensées de crainte empoisonner ton esprit !

Stella se sent légère. Elle sent que ses peurs se dissolvent peu à peu dans une douce chaleur de confiance et de sécurité.

En regagnant la grande bâtisse où elle loge, elle sourit en se disant qu’il sera bientôt

temps de la quitter.

Et elle prépare son coeur pour la prochaine rencontre avec ce lutin si réconfortant.

 

Chapitre 8 – Le monde des animaux

 

Le lendemain, Cristobal l’accueille perché tout en haut d’un arbre.

— Viens me rejoindre, je t’attends.

— Mais je ne sais pas grimper le long des troncs !

— C’est donc le moment d’apprendre, répondit le lutin avec un grand sourire, va dans ton coeur et demande de l’aide !

La jeune femme se concentre et formule silencieusement son appel. Elle n’a pas à

attendre longtemps.

Un charmant petit ours brun apparaît et se met à grimper en poussant des petits

grognements qui disent :

— Tu vois comme c’est facile !

Stella soupire, abandonne ses peurs et suit l’ourson jusqu’en haut de l’arbre où le lutin l’accueille avec chaleur.

— Bravo, tu es courageuse. Remercie l’ourson d’avoir été un si bon professeur !

Elle s’exécute. L’ourson lui lèche la main puis part tranquillement. Tout en se balançant sur une branche, le lutin poursuit :

— Beaucoup d’êtres humains se sont enfermés dans la citadelle de leur intellect d’où ils considèrent les animaux non comme des frères et soeurs mais comme des machines sans âme que l’on peut esclavager sans scrupule. Ils les élèvent dans des conditions inhumaines, les tuent pour les manger, les torturent dans les laboratoires

pharmaceutiques, leur font subir toutes sortes de mauvais traitements. Quelle folie !

Quelle inconscience ! Les animaux ont autant le droit de vivre et d’être heureux que

les êtres humains.

En fait, ils sont de merveilleux professeurs de vie au naturel. Regarde comme chaque espèce a développé un talent dont l’homme a besoin. L’ourson grimpe mieux que toi, l’aigle vole mieux, le dauphin nage mieux, chacun est expert dans son domaine et peut t’apprendre à développer tes potentiels. Le fait d’avoir développé ses facultés intellectuelles ne devrait pas pousser l’homme à devenir un tyran, un bourreau et un marchand d’esclaves qui maltraite ses frères animaux !

Stella soupire. Elle pense au paradis que serait le monde si l’homme était plus

respectueux de la vie sous toutes ses formes.

— Tu as raison Stella, la terre est un paradis. Mais ne te désole pas des erreurs que les êtres humains ont commises. Ils ont aussi droit à ton amour, à ton indulgence. Ne les considère pas comme des êtres mauvais, ce jugement se retournerait contre toi. Vois-les comme des enfants inconscients, encore immatures. Et regarde, en, toi, les

facettes de ton être qui sont encore comme eux.

Dans chaque situation, commence par regarder en toi, pour trouver ce que tu as de

commun avec l’autre, puis observe le monde avec cette facette semblable. Tu pourras ainsi comprendre ce que l’autre ressent, croit, imagine et souhaite. L’autre peut être une pierre, un brin d’herbe, un arbre, un animal ou un être humain !

 

Chapitre 9 – Devenir une éducatrice

 

Cristobal le lutin continua d’expliquer à Stella :

— Ensuite, transforme-toi en éducatrice pour toi et pour l’autre. Demande-toi ce qui, pour cette facette, correspond à la marche d’escalier suivante de son évolution et comment tu peux l’encourager à monter cette marche, sans l’obliger bien sûr ! C’est le moment de te relier à ton âme, qui est en permanence reliée à l’âme de tous les êtres vivants, pour trouver les mots et les attitudes justes pour inspirer, suggérer, inciter, avec souplesse, amour et respect.

Tu ne donnes pas à un enfant de six ans une voiture d’adulte, il ne pourrait que se

faire mal ou faire mal à d’autres. Tu lui offres une voiture à pédales, à sa taille, pour

qu’il puisse jouer avec elle, se préparer à son futur d’adulte avec quelque chose qui

est à sa portée.

Pour être une bonne éducatrice, tu dois éviter deux erreurs. La première, c’est de

laisser l’autre où il est sans l’aider à progresser. Tu ferais de lui un « enfant gâté » qui

reçoit tout sans être stimulé à développer ses talents, à faire fleurir tout son potentiel

de vie. Tu le pousserais à devenir insatisfait et grognon, frustré et malheureux, rebelle et revendicateur. La seconde, c’est de lui proposer une marche trop haute, une marche qu’il ne pourra pas gravir. Tu ferais alors de lui un défaitiste, à « à quoi bontiste » qui se décourage vite parce qu’il garde en mémoire toutes les expériences

d’échec qu’il a vécues.

Éduquer est un art. Pour bien le pratiquer, il faut aimer. T’aimer et aimer l’autre

inconditionnellement, te comprendre et le comprendre jusque dans les plus secrets

recoins de son inconscient puis sentir les demandes de son âme et l’aider à les

entendre à nouveau.

Les êtres humains souffrent, depuis quelques millénaires, d’une maladie bien plus

grave qu’il n’y paraît de prime abord : la surdité spirituelle ! Ils ont créé la peur et en

ont fait des boules quiès qu’ils ont enfoncées dans leurs oreilles psychiques.

Du coup, ils n’entendent plus la voix douce de leur âme, cette voix qui les nourrit

d’amour et de conscience. Ils écoutent la voix de tous ceux qui ont remplacé Dieu,

tous les prêtres, les chefs, les empereurs, les rois, les généraux, les experts, les gros

bonnets de tous poils qui se sont placés au sommet de la pyramide du pouvoir et

imposent leurs lois despotiques à leur peuple de sourds ! Les dirigeants ne sont-ils

d’ailleurs pas autant victimes du « système » que leurs victimes ?

 

Chapitre 10 – Changer de rôle

 

Le lutin se leva d’un coup tout en continuant :

— Tous souffrent dans ces hiérarchies rigides qui privent les êtres humains du plus

grand des plaisirs : pouvoir changer de rôle à tout instant ! Ah, quel plaisir pour un roi

de passer un jour à mendier dans les rues ! Quel plaisir pour un mendiant de passer

un jour dans la salle du trône pour s’occuper des problèmes du royaume ! Quel plaisir pour une femme de se déguiser en homme et pour un homme de se déguiser en femme ! Quel plaisir pour un enfant de jouer à être le père ou la mère de ses parents et que ceux-ci veuillent bien jouer à être des enfants ! Quel plaisir de pouvoir changer de jeux, changer de personnage, changer de rôle !

Tu sais, Stella, il n’y a pas de plus grand plaisir que le changement. Imagine une

société humaine où tous pourraient, souplement, librement, joyeusement, choisir ce

qu’ils veulent faire aujourd’hui.

— Mais c’est impossible, s’écria Stella, cela serait une vraie pagaille !

— Pas du tout ! Il y a toujours eu sur la terre des peuples qui fonctionnent ainsi. Je t’ai déjà parlé des peuples chamaniques, ces « grands frères » qui vivent loin des grandes cités, en pleine nature, conscients de leur nature divine et pleinement ouverts à la sagesse des étoiles dont ils viennent.

Ils vivent sans conflits ni hiérarchies, sans guerres ni maladies, sans lois ni tabous,

sans dogmes ni justice, sans chefs ni gendarmes, sans armées ni prêtres, sans feux

rouges ni prisons, sans impôts ni assurances…

— Tu exagères ! Je crois que ces peuples n’existent, hélas, que dans les contes de fée !

— Justement, il y a bel et bien des êtres humains qui n’ont jamais cessé de vivre dans les contes de fées, dans la magie et la joie de vivre, le naturel et la simplicité.

— Donne-moi des noms, l’interrompit Stella, sinon je ne te croirais pas !

D’une voix calme, le lutin se mit à énumérer :

— Les aborigènes d’Australie, les Senoïs d’Indonésie, plusieurs tribus de Polynésie, les Huichols du Mexique, les Hunzas des montagnes de l’Himalaya…

Stella l’interrompt à nouveau :

— Arrête-toi. Cette liste ne me dit rien du tout. Elle me rappelle les listes de noms de

géographie que j’apprenais à l’école. C’était ennuyeux comme tout !

— Alors, pourquoi ne viendrais-tu pas avec moi rendre visite à ces gens charmants, tu te rendrais compte par toi-même ?

Et le lutin touche le front de Stella.

 

Chapitre 11 – Chez les aborigènes

 

Elle a l’impression de s’évanouir et se retrouve hors de son corps, soudain projetée dans un monde inconnu. Devant elle se tient un groupe d’aborigènes à la peau noire ébène, habillés de pagnes de peaux et de colliers de pierres bigarrées. Ils regardent la jeune femme avec une intensité presque insoutenable.

Pour meubler le silence, Stella dit :

— Bonjour ! Je m’appelle Stella. Qui êtes-vous ?

Les aborigènes rient en montrant leurs dents blanches. De leurs yeux coulent des fleuves de bonté pure, de joie enfantine, de simplicité cristalline. Et Stella entend, à l’intérieur même de sa tête, une voix lui dire :

— Nous le savons, nous te connaissons déjà très bien ! Entre nous, nous utilisons

rarement les mots puisque nous communiquons par télépathie directe, comme nous le faisons avec toi en ce moment.

Nous sommes le peuple du rêve et nous habitons au coeur de l’Australie. Depuis des

temps immémoriaux nous sommes les gardiens d’une conscience que beaucoup

d’êtres humains ont perdu au fil de leurs vies sur terre, la conscience d’être des

enfants des étoiles, des êtres de lumière qui se sont habillés d’un corps de matière.

Nous n’avons pas oublié qui nous sommes, c’est pourquoi nous n’avons ni peur de

mourir, ni peur de vivre. Nous n’avons aucune hiérarchie rigide, aucune loi, aucun

prêtre, aucun médecin.

Chez nous chacun est son propre chef, son propre prêtre et son propre médecin.

Chacun se laisse guider par son âme, cette partie de lui qui est restée dans son étoile et il sait ainsi à chaque instant ce qui est bon pour lui, bon pour le groupe, bon pour la planète terre et tous ses habitants.

Avant même que tu n’arrives ici, nous avions capté ta vibration et nous connaissons

ton histoire passée, les expériences que tu as accumulées au fil de tes vies ainsi que

les scénarios possibles pour ton futur.

— Vous savez tout de moi ? s’exclama Stella. Mais je ne veux pas que vous connaissiez tous mes secrets !

— Il n’y a pas de secrets pour celui qui regarde avec les yeux de l’amour. Et puis,

rassure-toi, chacune de tes décisions t’appartient. Ta liberté est le trésor que personne ne peut te prendre !

Stella se sent soudain comme une petite fille en face d’un merveilleux grand père. Il y a tant d’amour et de sagesse dans les yeux de l’aborigène qu’elle peut lâcher toutes ses craintes pour fondre dans la douceur de sa présence.

— Bravo ! dit l’aborigène, tu es en train de faire ce qui est le plus important, mais parfois le plus difficile, pour un être humain : oser sentir qu’il est aimé. Aimé infiniment. Aimé par tous les peuples de la terre : les minéraux, les végétaux, les animaux, les humains et tous les alliés des mondes non matériels : lutins gnomes, farfadets, ondines, fées, anges, guides de lumière et tutti quanti !

— C’est bon de se sentir aimée, c’est vrai, mais il y a des gens, parmi les êtres humains, qui ne m’aiment vraiment pas. J’ai rencontré les représentants des grandes religions, et je dois avouer qu’ils ne m’appréciaient pas du tout !

— Tu te trompes ! Ils t’aiment eux aussi ! Mais chaque être aime à sa manière, au niveau de conscience qui est le sien.

— Ces doctes personnages sont persuadés qu’aimer, c’est conduire l’autre, de force s’il le faut, vers la vérité, la seule vérité qui soit, la leur. Tu as le droit de ne pas aimer être aimée de cette façon, mais tu es venue sur terre pour apprendre à sentir l’amour

couler à travers tout ce que tu rencontres, à travers toutes les manifestations de la vie, sans te laisser dominer par autrui ni vouloir le mettre dans la boîte de tes croyances.

Haïr ou détester est simplement un amour encore débutant, immature ! Ceux qui

t’agressent ne sont pas tes ennemis, mais simplement des débutants dans l’art

d’aimer. Tout est amour, parce que l’univers ne contient que cela. Mais il y a des

formes plus ou moins conscientes d’amour.

Stella est bouleversée. L’aborigène met en mots ce qu’elle savait depuis la nuit des temps mais n’arrivait pas à formuler clairement. Son enseignement se mêle à celui du lutin dans un tourbillon joyeux qui fait sentir à Stella sa propre source de sagesse infinie. Elle y boit à longs traits l’eau cristalline de son âme.

— Je vais te quitter maintenant, dit l’aborigène, toujours sans bouger les lèvres, mais

nous resterons unis dans le grand Tout qui nous contient et qui nous aime. Unis et

amis, dans le bonheur de vivre ensemble même quand nous jouons à faire semblant

d’être séparés. Unis dans la conscience d’être aimés partout et par tous. Puisque

l’amour est l’essence même de la vie, comment pourrions-nous lui échapper ? Nous

pouvons nous faire croire un instant que nous sommes sans amour, mais c’est juste

pour se donner le plaisir de retrouver l’amour soi-même, consciemment, comme un

enfant qui cache un jouet pour ensuite partir à sa recherche et jouer à le trouver !

Rappelle-toi que ta liberté est le trésor que personne ne peut te prendre. C’est vrai

pour toi. Et c’est vrai pour moi aussi !

Un grand sourire se dessine sur le visage noir de l’aborigène dont les yeux sont remplis d’étoiles scintillantes. Stella se sent si bien, si choyée par la vie, si dorlotée par cet instant magique qu’elle voudrait le prolonger à l’infini. Mais l’aborigène peu à peu se dissout dans le paysage sans que le désir de Stella ne puisse l’en empêcher. Elle entend longtemps résonner dans sa tête la dernière phrase de l’aborigène : « Ta liberté est le trésor que personne ne peut te prendre. C’est vrai pour toi. Et c’est vrai pour moi aussi ! ».

 

Chapitre 12 – Excursion dans l’Himalaya

 

Le rire du lutin transporte Stella à travers l’espace jusque dans la forêt du parc.

— Demain, si tu viens à notre prochain rendez-vous, je t’emmènerai dans les montagnes de l’Himalaya !

Et il s’évanouit dans le paysage comme l’aborigène l’avait fait peu de temps auparavant.

Stella reprend pensivement le chemin qui serpente entre les arbres jusqu’à la grande

bâtisse rectangulaire qui s’appelle « hôpital psychiatrique ».

En pénétrant dans cet univers aux murs blancs et aux sols brillants qui sentent le

désinfectant, Stella soupire. Le lutin lui manque déjà !

Elle s’allonge sur son lit, ferme les yeux et part, avec sa conscience, explorer les mondes magiques. Elle se voit traverser l’espace à la vitesse de la pensée, dépasser les planètes et les galaxies pour se diriger vers une lumière blanche qu’elle reconnaît comme étant la lumière de son âme. Qu’il fait bon plonger dans cette source de bonheur et de créativité pour s’y régénérer. Là, tout est calme et bonté, perfection et sérénité. Toutes les peurs et les tensions ont disparu. Seule la force douce de la confiance parfaite emplit le cosmos.

Dans cet état de conscience, Stella n’est plus Stella. Elle est tout ce qui vit, tout ce qui se crée à partir de la lumière, tout ce qui évolue vers toujours plus de conscience, nourri par l’amour infini du Créateur et de la Créatrice pour leurs enfants chéris, les êtres vivants.

Le lendemain, le lutin accueille Stella en faisant des pirouettes sur une branche d’arbre.

Tout en sautant et tourbillonnant, il chante et les mots de sa chanson font vibrer le cœur de Stella :

La nature danse, danse

La nature chante, chante,

La nature aime, aime

Et moi aussi !

La nature danse, danse,

La nature chante, chante,

La nature t’aime, t’aime

Et moi aussi !

 

Puis le lutin s’arrête et s’applaudit lui-même, avec un grand sourire.

— Une grande partie du malheur des hommes, dit-il, vient du fait qu’ils ne

s’applaudissent pas assez ! Ils ne s’émerveillent pas assez de leur créativité. Ils ont

durci leur coeur d’enfant. Alors leur vie devient trop sérieuse et leur corps, pour les

aider à en prendre conscience, pour les éveiller, fabrique des maladies. Hélas, bien

souvent, au lieu de comprendre le message, ils font taire le messager en le bâillonnant avec des médicaments chimiques ! De plus en plus pollué, l’être humain devient bientôt un zombie, un mort vivant qui erre dans les couloirs du temps sans plus savoir ce qu’il est venu y faire. Mais – grâce soit rendue à la Vie – il existe des êtres éveillés qui, sans cesse, maintiennent les courants d’énergie et gardent vivantes les merveilleuses vérités des mondes de lumière pour que ceux qui décident de quitter le peuple des zombies puissent les retrouver, aussi fraîches et aussi neuves qu’au premier jour, aussi scintillantes et aussi douces que les cascades des montagnes.

C’est eux que nous allons rencontrer aujourd’hui, chère Stella !

Allonge-toi sur la mousse et ferme les yeux. Balance ta tête de gauche à droite et de

droite à gauche, tout en laissant des sons sortir de ta gorge. En même temps fais les

marionnettes avec tes deux mains.

C’est très bien. Ces deux gestes, faits simultanément, vont harmoniser tes

hémisphères cérébraux et permettre à ton cerveau droit de s’ouvrir. Le voyage

intérieur peut commencer !

Stella sent qu’elle quitte son corps pour se retrouver en train de voler à travers l’espace, main dans la main avec le lutin, survolant les plaines et les montagnes, les lacs et les rivières, les villes et les villages, les océans et les îles qui y fleurissent, jusqu’à ce qu’un massif de montagnes apparaisse devant eux, un massif énorme, gigantesque, si imposant que son nom de « toit du monde » ne souffre pas la contestation : l’Himalaya.

En l’apercevant, Stella sent dans son coeur un souffle chaud et tendre. Cette montagne colossale dégage une extraordinaire énergie d’amour. Elle trône, majestueuse, magnifique, étincelante de pureté. Mais on capte d’emblée que son règne n’est pas celui de la dureté, de la force brutale, des lois et des prisons, des uniformes, des guerres et des armées. Son pouvoir ne repose pas sur la peur mais sur la joie et la tendresse. Étrange contraste ! Une telle masse minérale dégageant une vibration fluide et délicate, une douceur de mère qui berce son bébé dans ses bras en lui disant qu’il est beau comme un soleil, avec une voix nourrie par les harpes et les flûtes célestes. Stella est aux anges, souriant comme un nouveau-né qui sent s’approcher le sein de sa mère. Elle est enchantée de venir rendre visite à cette montagne mythique, mère de l’humanité et gardienne de sa conscience divine.

En s’approchant, Stella voit, blotties au coeur des montagnes recouvertes de neige, une vallée verdoyante. Elle constate que des cascades et des rivières d’eau scintillantes parcourent des paysages d’une beauté à vous couper le souffle. Un vrai paradis terrestre, caché au milieu des immenses parois de rochers et de glace des sommets himalayens.

Cette vallée est peuplée d’êtres lumineux qui l’accueillent en lui disant, par télépathie :

— Bonjour, Stella, sois la bienvenue dans notre monde d’harmonie. Nous faisons partie des grands frères de l’humanité. Nous veillons, avec notre conscience et notre amour, à maintenir en place toutes les énergies physiques et subtiles indispensables pour que les êtres vivants sur la planète école Terre puissent y faire leurs expériences de vie, suivre leurs programmes d’évolution et apprendre leurs leçons. Ils apprennent encore souvent dans la souffrance, jusqu’à ce que leur conscience soit suffisamment développée pour que l’apprentissage puisse continuer dans une joie sans faille.

En ce qui nous concerne, nous ne vivons plus sur les longueurs d’ondes de

l’ignorance, de la peur, de la colère ou de la frustration. Nous vivons dans un bonheur intense, en constante expansion, un bonheur qui nourrit notre créativité et nous fait aimer tous nos frères et soeurs d’un amour abondant et inconditionnel. Beaucoup d’êtres humains se prennent pour des orphelins du cosmos. Ils se croient seuls, abandonnés à leur sort, obligés de lutter et de se battre sans cesse pour survivre.

Quelle ignorance !

Ils ont bloqué leur réceptivité aux messages de leur âme et leur existence est

marquée par le sceau de la peur, des combats et des maladies. Ils meurent sans avoir appris qui ils sont et quel est le sens de leur vie.

Nous ne voyons pourtant pas cela comme une catastrophe, nous le voyons comme un signe d’immaturité et nous maintenons un champ de conscience vibrant de joie et de lumière pour toucher ceux qui s’éveillent à eux-mêmes. Nous sommes comme des maîtres d’école qui attendent que les enfants soient en âge de pouvoir apprécier leur enseignement.

D’ailleurs, un grand nombre d’êtres humains qui, le jour, sont encore des matérialistes endurcis, viennent déjà suivre nos cours pendant leur sommeil ! Nous ne nous lassons jamais de montrer les voies de la conscience et de l’amour. Nous rappelons sans cesse à tous les êtres humains qu’ils sont d’origine divine et peuvent donc sortir des illusions qu’ils ont créées par des pensées trop petites pour contenir la vérité spirituelle.

Les marchands de peur qui prédisent la destruction de l’humanité par des

catastrophes naturelles ou induites par l’homme sont ignorants. Ils ne savent pas que des intelligences, des millions de fois plus grandes que les leurs, gèrent tout ce qui se passe sur la terre et sur les autres planètes habitées de ce système solaire et des centaines de milliers d’autres !

La principale caractéristique des matérialistes, c’est l’orgueil. Ils croient que leurs

connaissances forment la plus haute montagne du monde alors qu’elles ne sont qu’un petit tas de sable construit par un enfant sur une plage. En comparaison, les

connaissances avec lesquelles nous travaillons forment une montagne encore bien

plus haute que l’Himalaya !

Stella éclate de rire. Apprendre que la terre, le reste de cet univers et tous les univers, sont gérés par des êtres à l’intelligence divine pleinement déployée lui donne un agréable sentiment de sécurité.

Elle se sent comme un enfant qui peut se confier à la sagesse de ses parents sans crainte qu’ils ne soient dépassés par les événements.

— Chers amis, dit Stella, vous dont la sérénité et la bonté m’emplissent d’une douceur paisible, je me sens si bien en votre compagnie. Je veux rester avec vous pour m’instruire et comprendre tous les mystères de la vie.

— Nous aimons ton enthousiasme ! Sois certaine que nous ne nous quitterons jamais.

Nous sommes désormais unis par notre conscience de la vie. Tu pourras venir nous

rendre visite aussi souvent que tu le souhaiteras. Tu n’auras qu’à fermer les yeux et à nous appeler pour que nous soyons aussitôt auprès de toi. Et nous partagerons avec toi les trésors de la vie, comme nous le faisons avec tous ceux qui, lassés de tourner en rond dans les pensées limitées de leur cerveau gauche, ouvrent leur cerveau droit pour explorer les réalités spirituelles.

Nous t’emmènerons rendre visite aux habitants des planètes plus conscientes que la

terre, ces planètes qui sont comme des universités de haut niveau en comparaison de la terre, cette charmante école enfantine !

Stella sourit. Si elle disait cela aux représentants des grandes religions et au Docteur

BREUD, ils seraient vexés, furieux et se lanceraient dans de longues explications pour démolir cette idée. Ils sont tellement fiers de penser qu’ils sont les êtres les plus intelligent de l’univers !

— Ton rire et ta gaieté, Stella, sont une brise légère qui transporte le parfum des fleurs, une pluie douce qui nourrit les coeurs assoiffés, un cadeau somptueux pour tous ceux qui se prennent pour des orphelins et tournent en rond dans leur solitude. Il est temps pour toi de quitter les murs blancs de cet hôpital qui t’a accueillie.

Va danser, chanter et échanger avec les êtres humains que tu rencontreras, sans

oublier tes frères animaux, végétaux et minéraux. Tu n’auras plus jamais peur d’être

incomprise, puisque tu sauras aimer ceux qui te repoussent et te rejettent, tu n’auras

plus besoin de prouver quoi que ce soit à quiconque et tu pourras danser comme la

flamme, couler comme la rivière, chanter comme l’oiseau, étinceler comme le diamant en acceptant toutes les facettes de ta personnalité, briller comme une étoile dans le ciel de la vie infinie, réchauffer et faire fondre les coeurs de glace comme un soleil radieux. La vie est à toi. Tu es à elle.

Donne-toi à elle, laisse-toi porter par elle comme l’oiseau est porté par le vent, comme l’arbre est porté par la terre et elle te donnera tout, tout ce qui est bon pour toi, tout ce qui est bon pour tous.

La vie est une bonne mère et un bon père qui n’abandonnent

aucun de leurs enfants. Au revoir, Stella !

 

Chapitre 13 – Hors de l’hôpital

 

Et Stella se retrouve dans le parc de l’hôpital psychiatrique, face au lutin. Il sourit avec un air si malicieux que les écureuils alentour gloussent, se trémoussent de joie et font des cabrioles désopilantes.

— Quelle chance d’avoir un ami comme toi, dit Stella, tu es formidable !

— C’est vrai, je suis formidablement formidable. Je ne suis pas contaminé par cette

maladie qui se nomme fausse modestie, cette maladie qui frappe les humains

orgueilleux et les pousse à fuir la responsabilité d’être des êtres formidables,

créateurs, divins, merveilleux ! Va, Stella, suis ton chemin formidable en osant être

toujours formidablement formidable !

Le lutin disparaît et Stella regagne la bâtisse rectangulaire d’un pas léger. Elle va trouver le médecin chef et lui fait part de son intention de quitter l’établissement. Il lui répond, avec un regard craintif caché par de grosses lunettes :

— Mais c’est impossible, nous n’avons pas encore organisé de placement de réinsertion pour vous accueillir à l’extérieur !

Stella sourit avec douceur.

— Je n’en ai pas besoin, mes amis m’attendent.

— Vos amis, quels amis ? Sont-il agréés par nos services sociaux pour accueillir un cas comme le vôtre ?

— Ne vous faites aucun souci, les amis dont je parle sont de toute confiance. Un jour, si vous le souhaitez, je reviendrai vous voir avec eux et ils vous montreront leurs talents. Ce sont de grands artistes !

Immédiatement le médecin chef imagine son hôpital envahi par une bande de musiciens chevelus, fumant des joints et se trémoussant en faisant d’obscènes danses du ventre, ce qui lui arrache une grimace de dégoût.

— Abstenez-vous d’amener qui que ce soit troubler la quiétude de ce lieu. Nos malades ont besoin de calme. Et je déteste le bruit. Allez-vous en et ne revenez plus, ni seule ni accompagnée de vos semblables. J’ai des choses bien plus importantes à faire que de recevoir des artistes. Il prononce ce mot avec une moue de dégoût.

Stella remercie intérieurement ses amis invisibles qui lui ont inspiré les mots adéquats pour sortir de ce lieu allergique aux artistes. Elle signe des formulaires officiels pour décharger l’hôpital de toute responsabilité dans ce qui pourrait lui arriver puis elle se retrouve dehors, face à la vie, libre et heureuse, prête à se laisser porter et nourrir par la Mère Terrestre, prête à se laisser guider par le Père Céleste vers les merveilleuses aventures dont chaque instant est rempli lorsque le coeur n’est plus enfermé dans les prisons de l’intellect et lorsque le corps est libre de bouger, de danser, de chanter, de rire et de jouer tous les rôles sans plus en juger aucun.

Stella a trouvé une chambre chez une vieille dame, dans une maison bourgeoise où tout semble résister au passage du temps par une intention de stabilité élevée au règne d’une vertu. Les meubles sont d’époque, les tableaux peints à l’huile porteurs de cadres dorés et les tapis tissés à la main.

— Quel contraste avec l’hôpital psychiatrique !, pense-t-elle en se délectant de ce décor douillet.

 

Chapitre 14 – La haine

 

Une fois allongée sur son lit de noyer, blottie entre les draps de lin et protégée du froid par un duvet de plumes d’oie, Stella appelle le lutin :

— Cristobal, où es-tu ? Viens me voir !

— Que veux-tu, enfant des étoiles ? répond-t-il aussitôt, perché sur le lustre qui trône au centre de la chambre.

— Je suis très contente de te voir, Cristobal et j’ai une question brûlante à te poser.

— Je t’écoute, je suis toute ouïe !

— Pourquoi est-ce que je sens parfois en moi de terribles bouffées de haine ? Dans ces moments-là, je pourrais tout casser, tout détruire. J’ai honte d’avoir de telles émotions. Je me déteste !

— Ah, quelle chance que tu voies cela ! Bravo !

— Ça alors, je n’en reviens pas ! Tu me félicites d’avoir de la haine ?

— Non, je te félicite de le constater, ce qui est très différent ! Beaucoup d’êtres humains essaient de se faire croire qu’ils sont bons en permanence et n’éprouvent ni colère, ni haine, ni fureur. Ils se persuadent que ces émotions de bas étage ne peuvent plus les atteindre. Ils se croient supérieurs, au-dessus de la racaille qui vit encore dans la fange de la bestialité. Ils ont choisi le bon camp, celui des êtres mentalisés qui contrôlent leurs émotions. Ils ont dompté l’animal en eux et leur visage reste de marbre, quoi qu’il arrive. Hélas, juguler sans cesse leurs pulsions les épuises. Ils sont peu à peu entraînés vers toutes les maladies qui frappent ceux qui refusent les émotions humaines, ceux qui refoulent et subliment, ceux qui se réfugient dans leur intellect pour ne pas ressentir les émotions dont ils ont peur. En osant voir ta haine, tu fais un grand pas en avant. Tu t‘humanises et progresse vers la paix du coeur.

— Mais comment faire, s’exclame Stella, pour évacuer cette haine. J’ai l’impression que je vais devenir folle si je n’y parviens pas.

— Tu as raison ! Ceux qui ne savent pas éliminer leurs émotions négatives deviennent fous. Ils sont possédés, ensorcelés par ces énergies qui les dominent et les poussent à la violence ou au crime.

Mais ceux qui refusent de voir leurs émotions négatives ne vont guère mieux. Au lieu

d’aller dans un hôpital psychiatrique, ils emprisonnent leurs émotions dans leur corps

où elles créent des maladies qui, tôt ou tard, les conduisent à l’hôpital !

— Cristobal ! Tu ne me dis toujours pas comment évacuer ma haine !

— J’y arrive, impatiente jeune fille. J’adore ton enthousiasme et la soif d’apprendre ! Eh bien, il s’agit tout simplement de comprendre qu’une rivière coule d’amont en aval, jamais d’aval en amont !

— Tu parles par énigmes. Que veux-tu dire ?

— Ce sont les pensées qui, en coulant dans le corps émotionnel, créent les émotions.

Celles-ci, pour être déversées vers la Terre Mère, doivent à leur tour couler à travers

le corps physique. Mais les sociétés civilisées ont enseigné que les émotions devaient être contrôlées. Du coup on apprend aux enfants à retenir leurs émotions.

Au lieu de les laisser couler à travers le corps, comme le font les bébés et les tout petits-enfants, on leur enseigne l’art du congélateur !

— L’art du congélateur ?

— Oui, l’art de geler les émotions ! Au nom de croyances comme « la colère mène

forcément à la violence physique » ou « l’intensité émotionnelle ouvre la porte à la

folie » on persuade les enfants qu’il faut tout bloquer, tout congeler, tout immobiliser

au niveau émotionnel et courir se réfugier à l’étage supérieur, dans l’intellect, là où on peut contrôler le monde par la pensée.

— C’est terrible !

— Oui, c’est terrible car des millions de gens, dans les pays civilisés, congèlent leurs

émotions et les stockent dans les bas étages de leur être pour vivre au-dessus, au

niveau intellectuel, là où les vagues des émotions ne peuvent plus les toucher. Ils sont alors comme des rois qui perdent le contact avec leur peuple en ne sortant plus de leur palais surélevé, loin des foules et de leurs émotions grossières. Ils sont comme des arbres sans racines, des zombies sans corps. Le message qu’ils envoient à leurs muscles et à leurs organes est : « Je n’ai pas besoin de vous, je vis dans ma tête et mes pensées me suffisent ! ». Comment s’étonner que leur corps déserté crée des maladies pour leur montrer qu’ils refusent la vie sur terre ?

— Je comprends, dit Stella, mais tu ne me dis toujours pas ce qu’il faut faire pour en

sortir !

— Nous y arrivons. La solution de tous ces problèmes est merveilleusement simple : il s’agit tout simplement de redevenir, par moments, un petit enfant qui laisse sortir ses émotions à travers son corps sans aucune gêne, aucune honte, aucun tabou ni

aucune peur du « qu’en dira-t-on ? ».

— Mais si je laisse sortir ma haine, je vais massacrer ceux que je rencontre ! dit Stella d’une voix pleine d’angoisse.

— Massacrer est un comportement d’adulte ! Que fais un petit enfant quand il éprouve de la haine ?

— Il trépigne, crie, hurle, se secoue dans tous les sens et exprime sa rage avec intensité.

— Cherche-t-il à faire mal à quelqu’un ?

— Non.

— Bravo, tu tiens le fil d’Ariane ! Tout est là. Le petit enfant ne cherche pas à faire mal, ni à déverser sa colère sur autrui. Il s’en libère sans attaquer personne. Il donne sa rage à la Terre Mère et au Père Ciel, en leur faisant confiance. Il sait qu’ils pourront gérer ces émotions et que son rôle à lui, enfant du Cosmos, est simplement de lâcher ses tensions, comme les nuages lâchent la pluie ou la neige, comme l’orage lâche la foudre et le volcan la lave. Il fait confiance. Il s’abandonne. Il se donne. Il ne retient pas. Il accepte de laisser couler la vie à travers lui, sans utiliser cette énergie émotionnelle pour faire pression sur autrui.

— Si je laisse ainsi mes émotions couler à travers mon corps, comme un bébé, je suis sûre que le Docteur BREUD va arriver avec sa seringue pour me renvoyer à l’hôpital psychiatrique ! dit Stella en soupirant.

— Bien raisonné ! Mais ne te décourage pas, il suffit de ne pas faire l’enfant devant des adultes qui ne savent plus être des enfants. Rien ne t’empêche de vider le sac de tes émotions quand tu es seule ! Après tout tu fais déjà cela pour aller aux toilettes. Tu t’isoles.

— Crois-tu vraiment, Cristobal, qu’on ne puisse pas sublimer ses émotions en méditant ? J’ai un ami bouddhiste qui affirme dissoudre ses tensions émotionnelles par l’élévation de ses pensées vers le sublime.

— Ton ami est-il souriant, rieur, farceur, fantaisiste ?

— Non, il est toujours très sérieux, impassible.

— C’est bien ce que je perçois, dit Cristobal en se tordant de rire. Encore un qui, au lieu d’être vivant et spontané comme un enfant, contrôle le monde avec ses idées. Il ne se rend pas compte que son attitude est pleine de jugement envers ceux qui ont des émotions !

 

Chapitre 15 – L’amour

 

— Vois-tu, lorsque tu sais faire circuler les émotions à travers ton corps, l’immense

avantage est qu’ensuite tu peux t’adapter à tous ceux que tu rencontres. Tu peux

vibrer sur la même fréquence émotionnelle qu’eux.

Si tu croises ton ami bouddhiste, tu peux être sérieuse comme lui, mais si tu croises

un fou, tu peux être folle avec lui. Si tu es en face d’une personne en colère, tu vas

pouvoir gronder et rugir avec elle. Tu es libre de communiquer avec chacun dans sa

vibration, d’entrer dans son monde, de partager ce qu’il vit. Tu ne juges plus personne puisque tu peux tout être.

— Comment appelles-tu cette capacité de vibrer avec chacun sur sa longueur d’onde ?

— L’amour !

— L’amour, répéta Stella en souriant. Comme c’est beau ! J’imagine qu’un jour tous les êtres humains seront capables de vibrer ainsi sur toutes les longueurs d’onde. Ah, j’imagine un orchestre dans lequel chaque musicien joue sa partition en étant attentif à tous.

— Tu n’imagines rien, dit Cristobal en riant. C’est déjà comme cela au niveau spirituel.

Les âmes sont ces musiciens éveillés et seule la densité de la matière, la peur et les

pensées étroites de l’intellect font oublier cette réalité glorieuse.

Stella sourit. Elle se sent bien et rayonne d’un bonheur intense et léger, un bonheur frais comme un baiser de printemps. Les mots du lutin font chanter son coeur.

— Oh, Cristobal, je sais que tu dis vrai ! Oui, je le sais parce que je le sens au plus

profond de mon coeur. Je sens que la lumière est plus réelle que l’obscurité, la

symphonie spirituelle plus réelle que le bruit assourdissant des bombes, la joie plus

réelle que la tristesse et la peur.

Merci Cristobal, mon ami chéri, de me rappeler sans cesse les vérités universelles de la vie éternelle. Tu es merveilleux et ma reconnaissance pour toi est aussi vaste que le ciel !

— Oh, Stella, tes paroles sont douces et tendres. Elles coulent dans mon coeur comme une pluie d’été, comme un torrent des montagnes, comme le sourire d’une mère qui regarde son bébé gazouiller et gigoter au soleil !

— Mais dis-moi, cher Cristobal, n’as-tu jamais des moments de doute ou de déprime, des passages à vide ou des instants de découragement ?

— Ma chère Stella, tu crois que les normes humaines s’appliquent à tous les êtres ! Eh bien non ! Chez les êtres de la nature, les anges et les guides spirituels, les émotions négatives n’existent pas. Notre énergie fluctue, certes, avec des moments plus intenses et d’autres moins, mais ces mouvements ne quittent jamais l’océan vibratoire de la joie.

En fait, le niveau le plus bas, pour nous, est le haut astral, où résident les formes

pensées lumineuses et créatives qui inspirent les êtres humains. Nous ne descendons pas dans le bas astral, qui est une création humaine de formes pensées limitées et d’émotions négatives.

 

Chapitre 16 – Le bas astral

 

Le bas astral est la propriété privée des êtres humains ! Ils l’ont fabriqué et y ont installé leurs monstres favoris : l’envie, la jalousie, la comparaison, la compétition, la haine, la hargne, la grogne, l’auto-pitié, l’accusation, l’orgueil, l’ambition, la colère, le

ressentiment, la rancune, la honte, la timidité, la fausse pudeur, les hiérarchies et les

jugements de toutes sortes. Pour nous, tout cela montre la grande créativité des êtres humains, comme les gribouillis d’un enfant émerveillent les parents qui voient dans leur rejeton un futur Michel-Ange !

Nous ne pouvons pas juger négativement cette fantastique atmosphère d’émotions et de pensées limitées, parce que ce sont des brouillons, des ébauches, des essais.

Les êtres humains s’entraînent, voilà tout ! Ils apprennent à utiliser leurs talents

émotionnels et mentaux. Le bas astral, c’est l’ensemble de tout ce qu’ils créent sans

l’inspiration du haut astral, sans la divine lumière de l’âme et la douce guidance des

êtres spirituels. C’est un gigantesque gribouillis, une oeuvre chaotique, désordonnée

mais grandiose qui permet d’imaginer déjà l’incroyable beauté de ce que les humains

pourront créer lorsque leurs pensées seront alignées à la Source de toute création !

— Vraiment Cristobal, tu exagères. Le bas astral est un monde affreux, plein de

hurlements déchirants, d’entités glauques qui errent et cherchent des humains fragiles à posséder et à rendre fous.

— Tu voudrais que cela me rende triste, dit le lutin, en se transformant en une vieille

mendiante en loques, avec un regard suppliant et des cheveux en désordre.

Stella est choquée. Elle s’écrie :

— Avec toi, on ne peut jamais être sérieux ! Tu n’as aucun respect, tu te moques de tout, même des pauvres mendiants !

— Non, dit Cristobal en reprenant sa forme de lutin, je te montre simplement que tout

n’est qu’apparence. Pour ceux qui vivent dans l’essentiel, le mal n’existe pas. Il n’y a

que des êtres débutants qui s’exercent à faire toujours mieux, à sortir de leur

ignorance pour entrer dans la connaissance de ce qu’ils sont.

— Alors pour toi, les pires assassins ne sont pas mauvais, juste des débutants ?

— Mais oui, bien sûr ! Leur conscience n’est pas encore développée. Ils croient encore que l’autre n’a pas d’importance et sont donc prêts à l’éliminer de leur monde. Et ce n’est pas en les mettant à mort qu’on développera leur sensibilité à autrui ! D’ailleurs, Stella, si tu y réfléchis bien, ceux qui condamnent un assassin à la chaise électrique ne sont-ils pas des assassins eux-mêmes ? Ils sont des assassins d’assassins ! Des assassins à tête froide, des assassins officiels qui n’ont même pas l’excuse d’avoir tué sous l’emprise de leurs émotions.

— Mon Dieu, s’exclame Stella, dans quelle humanité suis-je venue me fourrer !

— Oui, tu es chez des débutants ! Comme tu le vois, il y a beaucoup à faire pour

éduquer, humaniser, enseigner l’amour et la compassion à tous.

— C’est trop difficile ! Je ne me sens pas capable d’une telle tâche !

 

Chapitre 17 – Les personnages intérieurs

 

— Commence par aimer et éduquer toutes les facettes de ton être, tous tes personnages intérieurs qui, en toi, babillent, se concertent ou se disputent, collaborent ou se déchirent, en fonction de leurs niveaux de conscience et de ta capacité à faire régner l’harmonie entre eux.

Ce que tu vois à l’extérieur te montre la relation qui existe avec tes personnages

intérieurs.

Détestes-tu la violence ? Cela signifie que tu n’as pas encore fait la paix avec ton guerrier intérieur.

Adores-tu les petits-enfants ? Cela montre que tes facettes enfantines sont acceptées.

Trouves-tu que les bourreaux sont infâmes ? Cela indique que tu n’as pas encore pris dans tes bras des bourreaux pour leur donner ton amour et les éduquer afin qu’ils trouvent d’autres moyens de se dépolluer émotionnellement que de torturer des êtres humains. Et ainsi de suite.

Tous tes personnages intérieurs sont dignes de ton acceptation. Certains sont déjà

pleins de lumière et de sagesse, d’autres sont encore immatures, révoltés, suicidaires, violents ou machiavéliques. La paix intérieure se conquiert en devenant un bon parent pour tous, en étant attentif à leurs demandes pour les guider ensuite vers la satisfaction de leurs besoins d’une manière qui tienne compte de l’ensemble des êtres vivants.

— Tu veux dire que la paix ne viendra que lorsque les humains feront la paix avec leurs personnages intérieurs ?

— Oui, car le monde extérieur n’est que la projection dans la matière du monde intérieur de chacun.

— Je crains que tout cela ne prenne beaucoup de temps, dit Stella en soupirant. Il

faudrait que je vive des siècles…

— C’est sans compter sur l’accélération prodigieuse des temps actuels. La lumière

s’intensifie et l’aurore est proche.

 

Chapitre 18 – L’avenir de la terre

 

Ah, Stella, le futur est si merveilleux qu’il est difficile pour toi, comme pour beaucoup

d’êtres humains, d’oser y croire et de ne pas utiliser les mesures du passé pour

sonder le futur !

Ferme les yeux, douce enfant, et allons nous promener sur une planète plus évoluée, afin que tu puisses y contempler l’avenir de la terre !

En un instant, Stella se trouve dans un paysage de nature verdoyante. Des forêts

magnifiques, des rivières cristallines, des lacs aux reflets d’or et d’argent charment le

regard. Des êtres diaphanes apparaissent, volant à travers les airs pour venir se poser devant Stella. Peu à peu ils deviennent plus denses et les couleurs de leurs habits soyeux se précisent. Des tons pastel se marient à des teintes éclatantes, avec une gamme de coloris et de textures beaucoup plus vaste que tout ce que Stella a vu sur la Terre. Leurs cheveux et leurs habits sont parsemés de pierres précieuses étincelantes. Ils sourient et leurs visages ne présentent aucun signe de vieillissement.

— Bonjour, petite soeur terrienne, dit l’un d’eux. Nous sommes les habitants d’une

« planète grande soeur » faisant partie de la confédération des planètes pacifiques de cet univers. Il y a des millénaires que nous avons abandonné les jeux de pouvoirs, les querelles et les conflits que vous connaissez encore sur la Terre. Nous vivons dans l’amour et la conscience et nous accueillons ceux qui veulent s’instruire, qu’ils viennent de la terre ou d’autres planètes écoles. Nous avons beaucoup d’admiration pour les êtres humains car l’expérience qu’ils ont choisie est loin d’être facile. Ils ont osé oublier complètement leur nature divine pour la retrouver par un cheminement personnel.

Quelle aventure !

 

Chapitre 19 – Leçon d’histoire (2ème partie)

 

Il y a des millions d’années, les êtres de lumière formant l’humanité ont commencé à créer les minéraux, les plantes et les animaux qui peuplent la terre, en jouant à projeter des formes sans s’identifier à elles puisqu’ils étaient conscients d’être les artisans de ces formes. Les corps éthérés qu’ils façonnaient n’étaient que des champs d’énergie qu’ils insufflaient de vitalité pour le plaisir de créer. En poussant l’expérience plus avant, les formes devinrent de plus en plus denses, de plus en plus matérielles.

Ensuite, avec une audace admirable, ces magnifiques créateurs ont créé le corps humain et ont projeté leur conscience dans ce corps.

Il s’agissait d’une aventure nouvelle, extraordinaire, jamais encore tentée dans cet

univers. Elle permettait d’explorer une interaction avec soi-même impossible dans les

fréquences vibratoires plus élevées où ne règne que l’unité.

Les êtres humains ont ainsi résidé à la fois dans les mondes de lumières et dans le monde matériel qu’ils percevaient par les cinq sens de leur corps physique. Cette grande fête de l’exploration simultanée de deux mondes procurait à tous une joie de tous les instants. C’était le jardin d’Eden, le paradis sur terre, la célébration de la créativité divine en action. Le concept de mort n’existait pas puisqu’il suffisait à celui qui voulait changer de forme physique de dématérialiser celle qu’il habitait pour en créer une autre à partir de sa conscience lumineuse !

Pendant des milliers d’années, les êtres humains, fascinés par l’intensité des sensations, des émotions et des pensées dont ils faisaient l’expérience, ont peu à peu changé leur centre de gravité. Au lieu de se concevoir comme des êtres de lumière qui font des expériences matérielles, ils se sont persuadés qu’ils étaient seulement des êtres physiques.

Tu fais cela, Stella, quand tu regardes un bon film ou une pièce de théâtre. Pendant

quelques instants, tu t’identifies tellement aux acteurs que tu oublies qui tu es !

Ainsi a commencé l’histoire moderne de l’humanité courageuse qui a osé abandonner sa conscience spirituelle pour se plonger dans le monde matériel qu’elle avait façonné.

En perdant la connexion avec leur être de lumière, les humains ont fait l’expérience de la solitude, de la peur et des jeux de pouvoirs. Ils ont commencé à sous-vivre, c’est-à-dire à orienter leurs buts non plus vers l’expansion de la conscience mais la

préservation du corps et des biens matériels. Ils sont devenus comme des empereurs amnésiques qui tendent leur écuelle aux passants pour demander l’aumône !

Pour se défendre des autres, qu’ils ne voyaient plus comme des frères et des soeurs mais comme des ennemis ou des concurrents, les êtres humains ont donné tout pouvoir à leur ego pour les protéger. Celui-ci est devenu un garde du corps qui mémorise tous les coups reçus et cherche à éviter toute expérience nouvelle pouvant susciter de la souffrance. Le pouvoir de l’ego a augmenté au fur et à mesure que les humains oubliaient leur nature divine.

Durant les millénaires qui ont suivi, le fossé s’est creusé entre le monde spirituel et le

monde matériel, au point que la plupart des êtres humains ont perdu la conscience

leur vraie nature. Ils n’avaient plus qu’un seul but : survivre, avoir des plaisirs sensuels et dominer les autres pour avoir le plus possible de biens matériels et de pouvoir despotique ! La peur de perdre son pouvoir sur les autres, la peur de perdre son corps physique, ses propriétés et son or est devenue une maladie contagieuse qui a contaminé les habitants de la planète Terre.

La honte d’être tombé si bas a envahi les esprits et la culpabilité s’est emparée des

cerveaux disjonctés.

Une énorme charge de pensées et d’émotions négatives a obscurci le ciel, bloquant la communication avec les autres planètes et étoiles de cet univers et de tous les autres univers, communication qui était encore courante pendant la dernière grande

civilisation humaine avant l’époque actuelle, l’Atlantide. La folie humaine entraîna sa

destruction. Elle fut engloutie sous les flots.

— Je suis découragée d’entendre tout cela, dit Stella, c’est terrible de voir à quel point nous, les êtres humains, sommes de grands destructeurs !

— La suite de l’histoire va te montrer l’immensité du génie humain !

Car, depuis deux mille ans, de plus en plus de terriens sortent de l’illusion collective et se rappellent qui ils sont. Comme des enfants qui s’éveillent d’un cauchemar, ils

ouvrent les yeux à leur lumière et rient aux éclats de voir que leurs peurs étaient

infondées, leur honte et leur culpabilité ridicules et les jugements portés sur eux-mêmes totalement dénués de sens. Ils écoutent la douce voix de leur âme qui leur

raconte leur vraie histoire, leur histoire d’enfants des étoiles, d’êtres spirituels

explorant leur potentiel créateur. Elle leur montre à quel point ils ont été vaillants en

osant s’aventurer dans les ténèbres de l’inconscience et elle les félicite d’avoir réussi à trouver eux-mêmes le sentier de la délivrance ! Comme chaque jour qui passe

davantage d’êtres humains s’éveillent, la grande fête du retour de la terre dans la

communauté des planètes conscientes est proche. Nous sommes en pleins

préparatifs !

— Quelle est la date de ce merveilleux jour pour que je l’inscrive aussitôt dans mon

agenda ?

— Cette date ne peut pas être précisément déterminée à l’avance puisqu’elle dépend de vous, les êtres humains. Comme vous avez le libre arbitre, vous pouvez faire traîner un peu les choses en maintenant les croyances de peur, les tyrannies et les illusions, mais vous ne pouvez pas bloquer le flux de la vie.

Rien ne peut empêcher l’éveil spirituel, même si ceux qui se cramponnent au pouvoir

temporel aimeraient bien détruire toute forme de spiritualité et ne laisser vivre que des esclaves conformes à leurs normes.

Même s’ils peuvent gagner un peu de temps pour se donner l’illusion que leur règne

va durer à jamais, ils ont déjà perdu leur pouvoir.

Quoi qu’ils fassent, ils ne peuvent pas immobiliser indéfiniment les habitants de la

terre, leur interdire de se rappeler qui ils sont, pas plus qu’on ne peut empêcher un

enfant de grandir !

— Tu me rassures, dit Stella, c’est bon d’entendre une si bonne nouvelle !

— Je ne dis pas qu’il n’y aura pas quelques irréductibles qui refuseront de grandir et de s’ouvrir à leur vie spirituelle, mais ils seront bientôt si peu nombreux que personne ne les suivra plus dans leurs croisades périmées. Le futur de l’humanité est glorieux,

resplendissant, lumineux et joyeux.

La reconquête de leur souveraineté divine par les êtres humains sera célébrée partout comme une immense victoire, un événement triomphal qui annonce le début d’une nouvelle ère de coopération consciente avec le Grand Constructeur, qui ne cesse de créer des planètes univers et des univers pour célébrer la joie d’être vivant et de collaborer avec toutes ses créatures ! Pour nous, il est stupéfiant de constater que certains humains croient qu’ils sont les seuls êtres vivants du cosmos. Quelle idée ! Le Créateur n’aurait dépensé toute son énergie que pour une seule planète, la vôtre !

Ceux qui refusent que la vie puisse exister ailleurs ont très peur de découvrir qu’il y a

des êtres beaucoup plus intelligents, beaucoup plus conscients qu’eux, des êtres

ayant créé des civilisations beaucoup plus développées. Quel coup pour leur orgueil !

Et accepter le fait qu’il existe au centre de la terre une civilisation plus avancée que

celle de la surface dépasse leur entendement. Mais ils ne peuvent pas bloquer

indéfiniment les messages parlant de ce sujet fascinant. Aujourd’hui, l’ère de

l’information a commencé et chacun peut se faire une idée personnelle sur les

domaines déclarés tabous par les scientifiques officiels. N’est-il pas exaltant

d’apprendre que le centre de la terre possède son propre soleil générateur de vie, qu’une flore abondante y pousse et que des milliers d’insectes, d’animaux et d’êtres

humains y vivent en toute harmonie ?

L’intérieur de la terre est aussi beau que l’extérieur. On y trouve des paysages splendides, des vallées, des lacs et des rivières.

Ceux qui y vivent sont les représentants d’une civilisation très avancée et ils sont

capables de voyager librement dans l’espace. Nous les rencontrons dans les congrès qui réunissent les habitants des divers univers, congrès auxquels les êtres humains vont bientôt pouvoir participer de nouveau.

— J’ai peur de t’écouter davantage. Si je raconte tout ce que tu me dis, on va me prendre pour une folle !

— Être considérée comme folle par des ignorants, c’est un vrai compliment. Comment pourraient-ils voir ta sagesse tant qu’ils refusent la leur ? Leurs qualificatifs ne s’adressent donc qu’à eux-mêmes.

D’ailleurs, lorsque tu écoute quelqu’un parler, tu gagneras beaucoup de temps en

comprenant ceci : les mots qu’il utilise pour parler des autres sont ceux qu’il s’adresse en fait à lui-même. S’il te trouve belle et sage, c’est qu’il est capable de voir la beauté et la sagesse qui sont en lui. S’il te trouve laide et stupide, c’est parce qu’il ne voit encore que ces aspects de lui-même.

Chacun est le centre de son monde et il n’y voit que ce qu’il voit en lui !

Au revoir, Stella, chère amie de la planète Terre !

— Je te remercie, ami des mondes lointains, tes paroles ont ouvert mon horizon. La nuit, je ne regarderai plus les étoiles avec le même regard. Je me relierai à toi et à tous ceux qui les habitent…

— Et, dès que tu auras fermé les paupières et sombré dans le sommeil, tu viendras nous rendre visite !

— C’est promis.

— Nous sommes tous un, et la loi de tous les univers est l’échange, la coopération dans l’harmonie.

Ceux qui sont plus avancés dans un domaine ou dans un autre ont envie d’aider les

débutants, quoi de plus naturel ?

Stella ferme les yeux. Son coeur déborde de reconnaissance et de gaieté. Elle s’émerveille de tout ce qui lui arrive et se sent comme un papillon du printemps voltigeant dans un ciel infini et survolant des massifs de fleurs aux teintes si variées que cela procure de l’ivresse, l’ivresse sacrée devant l’immensité du mystère de la vie et la puissance créatrice du « Grand Constructeur » comme l’appelait son ami de tout à l’heure. Elle sourit en pensant à ce futur radieux qui est en train de naître.

Chapitre 20 – L’éveil

 

Les êtres humains instruits pendant leur sommeil pour se

familiariser avec des concepts plus élevés que les lois sociales,

suivant des programmes de rééducation à la vie universelle,

s’entraînant à vivre hors de la peur et des limitations mentales ;

ceux-là ont compris que l’énergie qui est à l’origine de toute

création de tout univers, de toute planète ou de tout être vivant est

l’amour. Celui-ci correspond à une qualité particulière, celle de la

joie d’exister associée à une acceptation totale du droit d’exister de tout être.

Cette acceptation inconditionnelle entraîne un enchantement, un

émerveillement continuel de voir les êtres s’exprimer lorsqu’ils

jouissent de leur droit d’exister.

Tout être vient de la Source.

Il a un droit divin de vivre et d’exprimer sa divinité comme il le

souhaite. Il a aussi le droit d’apprécier l’expression différente des

autres êtres, dans la conscience que tous sont un dans le partage et la complémentarité.

En fait, tous les êtres n’en sont en réalité qu’un seul bien qu’ils se

soient astucieusement déguisés pour paraître séparés !

Cette prise de conscience permet à chacun de ne plus lutter contre

le flot de la vie mais de se relier à cette fréquence vibratoire qui

tisse les univers d’un même fil de joie, de créativité et de partage.

Une fois la peur disparue, chaque être peut s’apprécier et apprécier

les autres sans plus se comparer, se protéger ou se battre.

La réalité illusoire fabriquée par l’humanité terrestre disparaît pour

permettre à chacun de se détendre dans le plaisir d’avoir retrouvé sa vraie nature.

Stella admire comment cette conscience illumine peu à peu tous les êtres humains. Elle voit sur la planète le profit personnel, l’appât des possessions matérielles et la course au pouvoir faire place au partage, à une juste répartition des ressources et des richesses, à la joie de s’apprécier dans la diversité.

Les systèmes militaires, politiques, financiers et sociaux fondés sur la peur de l’autre s’écroulent comme le mur de Berlin devenu inutile.

Les besoins fondamentaux sont régulés et le gaspillage effacé, en

sorte que tous les êtres humains ont maintenant du temps pour se

consacrer à l’étude et à l’ouverture spirituelle. Invités par la

curiosité et la soif d’apprendre des habitants de la Terre, des

habitants d’autres planètes viennent enseigner au grand jour et les

voyages intergalactiques soulèvent un grand enthousiasme. Le

tourisme cosmique permet des découvertes fantastiques !

La poignée de dirigeants despotiques qui vampirisaient les

populations a fait place à des collèges de sages qui oeuvrent pour le bien de tous. Une prospérité généralisée a remplacé les pénuries

d’antan.

Partout règnent la paix, la sécurité, la joie et la collaboration. C’est

à nouveau le paradis sur terre !

 

Chapitre 21 – Le B.A.-ba du bonheur

 

Ce matin-là Stella se lève avant le lever du soleil. Elle commence par s’étirer longuement en bâillant voluptueusement et en s’installant dans tous les recoins de son corps pour s’y sentir bien. Puis elle danse en riant et en chantant pour célébrer le plaisir d’être en vie.

Enfin elle s’assoit en tailleur pour méditer, les yeux clos et le corps immobile. Elle visualise un paysage de nature et remercie les minéraux, les végétaux et les animaux, ses frères et soeurs des autres règnes, puis elle concentre toute cette beauté et cette vie foisonnante dans le creuset de son coeur. Elle en fait une boule d’or qu’elle envoie jusqu’au centre de la terre pour manifester son amour et sa reconnaissance à la Mère Terrestre. Ensuite, avec sa conscience, elle s’élève au-dessus de la terre pour entrer en contact avec les mondes de lumières, les demeures du Père Céleste. Elle y est accueillie par les anges et les guides spirituels. Son coeur se dilate de joie et de gaieté.

Comme un enfant cosmique rieur et bienheureux, elle reçoit tant d’amour et de soutien qu’elle doit aussitôt, pour ne pas éclater, le laisser sortir d’elle en ondes pulsées. Elle est un soleil qui illumine l’univers d’une clarté chaleureuse. Ses rayons vont jusqu’aux confins les plus lointains de l’univers.

La vibration de sa conscience se dilate pour entrer dans des mondes de plus en plus

subtils, dans un tourbillon de créativité qui lui donne presque le vertige.

— Comme le cosmos est magique et infini ! pense-t-elle. Quelle chance d’être vivant !

Un rire cristallin surgit en écho de sa pensée. Le lutin est là, chevauchant un dauphin qui bondit à travers l’espace.

— Alors, Stella, on se promène ? Tu as raison d’apprécier la vie, c’est la chose la plus importante qui soit ! C’est le B.A.-Ba du bonheur ! Le jour viendra bientôt où tous les êtres humains sauront, comme toi, commencer leur journée par un moment d’actions de grâce envers la vie. Ils entreront ainsi dans l’aventure de chaque jour en restant reliés à leur âme et à la vie universelle.

Ils pourront alors créer avec une facilité déconcertante la société harmonieuse,

pacifique et prospère dont ils n’ont pas cessé de rêver pendant tous les siècles

sombres de leur histoire des derniers millénaires.

Quelle chance que l’amour infini soit le support de la vie, quelle chance de vivre dans

un univers intelligent et merveilleusement joyeux, quelle chance que la peur ne soit

qu’une illusion et qu’aucune limitation ne soit réelle. Si c’était le contraire, si le monde

matériel était la réalité ultime, si les mondes spirituels n’étaient que des fables

mensongères, si ceux qui gouvernent les pays et dictent leurs lois avaient raison, nous serions vraiment embarqués sur un navire fou dont Dieu serait le capitaine ivre ! Mon Dieu, quel bonheur que nous, les lutins, que ne voient pas les matérialistes, soyons davantage que des légendes, des contes pour enfants. Quelle chance que nous existions ! Sans nous, le monde serait bien triste !

Et, comme à son habitude, le lutin éclate de rire en gigotant dans tous les sens.

Il est si drôle que Stella ne peut pas s’empêcher de rire et de danser avec lui une gigue endiablée.

Cristobal se met à chanter à tue-tête :

J e s u i s l e l u t i n ma l i n

L e l u t i n f a r c e u r

L e l u t i n d u b o n h e u r

Qu i r i t d u ma t i n a u s o i r

E t a u s s i p e n d a n t l a n u i t n o i r e

A s s i s s u r u n c r o i s s a n t d e l u n e

Ou j o u a n t a u f u n amb u l e

S u r l e s f i l s d o r é s

Du f i rmame n t é t o i l é

L e s p l a n è t e s , l e s g a l a x i e s

P a r t o u t d a n s e n t e t r i e n t

C e s o n t t o u t e s me s ami e s ,

Me s ama n t e s , me s c h é r i e s

E t t o u t e s c l ame n t h a u t e t f o r t

Qu e S t e l l a e s t u n b i j o u , u n t r é s o r !

 

Stella rie comme une petite fille comblée. Elle sent que, peu à peu, les souvenirs du

monde glacé de l’hôpital psychiatrique se dissolvent. Elle retrouve le monde enchanté et lumineux qu’elle avait découvert le jour de ses quinze ans et cette merveilleuse sensation de créer de la beauté par son regard revient faire chanter son coeur.

 

Chapitre 22 – L’Ondine

 

Quelques jours plus tard, à son réveil, Stella ouvre les yeux et pousse un cri de surprise.

Là, juste devant elle, Cristobal le lutin est en train de danser avec une ravissante fée

dorée aux ailes diaphanes. Ils virevoltent avec grâce tout en riant aux éclats.

— Puis-je te présenter mon amie l’ondine ? Elle vit près des cascades et des rivières.

C’est son énergie de joie et d’amour qui rend la musique de l’eau si tendre pour le

coeur de ceux qui viennent se reposer près des eaux qui courent.

— Bonjour, Stella, je suis heureuse de te rencontrer. Cristobal m’a parlé de toi et je

t’accueille dans mon coeur d’ondine. Tout ce que tu as vu concernant le futur de

l’humanité est parfaitement exact et déjà écrit en lettres d’or dans le plan causal et

dans l’astral supérieur. Les vibrations de ce futur merveilleux descendent doucement

vers les consciences humaines, comme une pluie fine descend des nuages vers la

terre. Touchés par cette énergie délicate et subtile, de plus en plus d’êtres humains

comprennent qu’il n’y a pas une seule vérité à laquelle tous devraient adhérer mais

bien des multitudes de vérités diverses et complémentaires.

Le mythe de LA VÉRITÉ unique et férocement applicable à tous, a causé plus de

guerres et de misères que tous les autres mythes réunis ! Car c’est toujours au nom

de LA VÉRITÉ que les hommes se sont entre-déchirés. Sur le plan physique, il n’y a

que des OPINIONS, souvent d’ailleurs fondées sur les opinions de quelqu’un d’autre,

des opinions glanées çà et là sur le chemin. Si une idée, une croyance, un point de

vue, une vision ou une technique te semblent bons, au plus profond de ton coeur,

utilise-les, pour un temps, mais n’en fait pas un dogme ! Et ne cherche pas à imposer

aux autres tes opinions, sous peine de devenir un despote malheureux, sans cesse en lutte contre ceux qui osent se rebeller devant sa vérité.

 

Chapitre 23 – Le centre de son monde

 

Chacun est le centre de son monde. Celui qui croit que le monde est hostile, et gouverné par un Dieu punitif et méchant, voit l’univers répondre à sa croyance et il souffre de tant de dureté. Mais celui qui conçoit l’univers comme un lieu bienveillant traversé par la brise délicieuse de l’amour cosmique et de la créativité divine, vit dans cette réalité.

Ta vision du futur te permet de te relier, à chaque instant, à cette source d’inspiration. Tu es ainsi libre de tous les passés limités et douloureux. Tu comprends que l’univers n’est pas statique. Il a été créé spécifiquement pour soutenir tous les êtres dans une infinie variété d’expression de la Source qui, à travers toutes ses formes de vie, se connaît et grandit.

L’univers est un merveilleux terrain de jeu où chacun peut construire son image de la

réalité pour apprendre à évoluer à travers elle jusqu’à une image plus vaste et plus

consciente de l’ensemble.

Sur ces mots, l’ondine s’approche de Stella et la prend par la main.

Des ondes de bonheur fraîches et cristallines parcourent le corps de Stella qui se met à chanter :

On d i n e , o h On d i n e

Qu e t u e s c â l i n e !

L u t i n, o h l u t i n

A v e c v o u s j e v e u x j o u e r

A v e c v o u s j e v e u x d a n s e r

P o u r t o u j o u r s, d a n s l a c l a r t é

D a n s l ’ é t e r n i t é

D e l a j o i e, e n f i n r e t r o u v é e

D a n s l ’ amo u r, p o u r t o u j o u r s

E n l a c é s, éme r v e i l l é s, u n i s

A v e c t o u s l e s ê t r e s v i v a n t s, me s ami s

D a n s l ’ i n t imi t é e t l a c omp l i c i t é

D’ u n e v i e q u i t r e s s a i l l e d e g a i e t é

D a n s u n p r é s e n t q u i c o u l e e t r o u c o u l e

E t d a n s l e q u e l, amo u r e u s eme n t

No u s f a ç o n n o n s d e s f u t u r s é b l o u i s s a n t s !

 

Ainsi s’achève l’histoire de Stella et du lutin. Mais est-il possible de dire qu’une telle

histoire s’achève alors qu’elle ne fait que commencer ?

Ami lecteur, si vous allez vous promener dans les bois, soyez attentif ! Si vous entendez un rire cristallin, prêtez l’oreille ! Et si vous vous trouvez dans un hôpital psychiatrique ou dans un bâtiment administratif, observez bien. Peut-être allez-vous y rencontrer une jeune fille en train de dire :

— J’ai découvert que je suis un être de lumière et que nous le sommes tous ! Dieu parle à travers ma bouche. Il parle d’amour et de tolérance. Il me demande d’être son messager pour rappeler aux êtres humains qu’ils sont des êtres spirituels !

FIN

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