Jnana yoga

Le Jnāna yoga ou « yoga de la connaissance », est l’une des écoles traditionnelles du yoga de la philosophie hindoue (āstika). Il aurait été à l’origine enseigné par Krishna dans la Bhagavad Gita, grand poème épique considéré comme un commentaire des védas.

Le jnāna-yoga est aussi l’une des trois voies de la réalisation spirituelle ou de libération (trimārga). Ce yoga énonce que l’absolu est le soi véritable. Sa méthode principale est l’investigation du soi par le retour à la source de nos pensées, jusqu’à la pensée du je. Le jnāna yoga serait recommandé aux aspirants avancés à cause de sa méthode directe.

Le Jnana yoga est le plus direct des quatre chemins (Karma, Bhakti, Raja, Jnana yoga). C’est l’approche intellectuelle de l’évolution spirituelle. Grâce au questionnement correct (vichara) et à l’analyse constante de soi (viveka, discrimination), l’esprit est habitué à examiner sa propre nature. Le Jnana yoga est, dit-on, la voie la plus difficile, non pas parce que c’est une voie supérieure, mais parce que l’on doit être sérieusement établi dans les autres disciplines avant de l’aborder. Un intellect vif et perçant, débarrassé des émotions, est nécessaire.

A travers l’étude de la philosophie Vedanta, le jnani s’efforce d’apprendre à discriminer entre ce qui est fini, limité, et donc irréel, et cequi est infini. On développe ainsi l’absence de passions (vairagya). Le Vedanta maintient que la libération ne peut être atteine par les rituels, par l’action, le devoir ou la charité, mais seulement grâce à l’expérience personnelle intuitive.

La philosophie Vedanta a une triple base : les écritures, le raisonnement et l’expérience. Mais il ne s’agit absolument pas d’une foi aveugle. Tout en adoptant les écritures comme autorité, les vedantins doivent analyser et interpréter tous els enseignements en utilisant leur propre intellect.

Cependant, l’intellect n’est capable d’expliquer et de comprendre que ce qui est fini et limité. Après avoir épuisé, par le processus de discernement et de négation, tout ce qui est irréel, l’intellect doit être lui aussi abandonné. Il ne reste plus qu’à faire l’expérience du réel. C’est cela la réalisation de Soi.

Le jnani court toujours le risque de tirer de la fierté des pouvoirs intellectuels qu’il a développé. Afin de garder un équilibre et d’éviter le risque de devenir un intelectuel desséché, on conseille d’équilibrer le Jnana yoga avec le Bhakti yoga.

Les quatre moyens ou qualifications requis dans la discipline du jñāna yoga sont :

  • La discrimination (Viveka) est la capacité de discerner le réel de l’irréel ;
  • Le détachement (Vairagya) est la capacité de se détacher des désirs et des choses du monde ;
  • Les six vertus (Shad-sampat) concerne la tranquillité mentale (sama), la maîtrise de soi (dama), la capacité de rester équanime devant les difficultés existentielles (uparati), l’endurance (titiksha), la foi (shraddha) et l’attention juste de l’esprit (samadhana).
  • Ledésir intense de se libérer (Mumukshutva) est une forte détermination de se libérer de son ignorance.

La position du lotus (padmasana), est censée aider le yogi à méditer sur son esprit dans la paix corporelle.

Dans la Bhagavad-Gita, Krishna évoque, lors de deux versets, la connaissance du corps, la conscience individuelle et la conscience du Tout. Ce sont trois concepts sur lesquels il faut méditer dans la voie de réalisation du Jñāna yoga.

Pour Swami Parthasarathy, en résumé, Krishna parle du corps, de l’esprit de l’intellect. Viennent se rajouter l’Atman (pure conscience) et la vérité suprême, que l’on pourrait assimiler à la yantra (figure géométrique tracée matériellement ou mentalement pour dompter le mental et maîtriser les forces cosmiques), but de la quète spirituelle. Lorsque la yantra est illuminée, la révélation du Soi propre, l’âme, est aussi atteinte.